[Ciné] Death Note

Affiche Death NoteUn film de Adam Wingard
d’après le manga (shonen) de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata
Genre : thriller, fantastique
Sortie le 25 aout 2017 sur Netflix
1h40

 ★☆☆☆☆ 

Light Turner, étudiant effacé, ramasse un cahier tombé du ciel, le Death Note. Cette trouvaille lui permet de tuer quiconque a son nom inscrit dedans. Il se lance dans une vendetta contre les criminel, attirant l’attention d’un démon, de la fille de ses rêves et de la police.

 

KILL IT WITH FIRE !

C’était nul. Fin de la chronique.

Quoi, vous voulez vraiment que je développe ? Vous voulez que je vous rappelle pourquoi les gens du cinéma américain ne devraient pas approcher un manga à 200 mètres ?

Death note, à la base, c’est un thriller psychologique, qui, malgré sa fin discutable est un incontournable du shonen manga. Light Yagami, un lycéen sans histoire qui trouve un carnet permettant de tuer la personne dont le nom y est inscrit. Doté d’un puissant intellect, l’adolescent exploite à fond les capacités du cahier noir pour éliminer les criminels que la justice humaine traîne à condamner, sous le regard attentif de Ryûk, le démon à qui appartient le Death note. Les forces de police se lancent à la recherche de Kira, l’assassin le plus apprécié au monde. Mais un homme peut-il agir comme un dieu sans en subir les conséquences ?

Vous n’aurez pas la réponse en regardant le film. Et comme pour Ghost in the shell, vous vous demanderez comment, avec un manga une première adaptation en deux films, et des OAV, Adam Wingard a pu autant se planter.

Je vais rapidement évacuer le sujet du whitewashing, si cher à Hollywood dès qu’il s’agit d’adapter une oeuvre qui ne vient pas de son répertoire. Certes, c’est toujours aussi déplaisant de voir des acteurs blancs partout où ce n’est pas nécessaire, mais vu que l’histoire de base est transposable partout, on peut se dire que le casting est crédible. J’ai donc pris le partie de croire en la volonté d’adaptation à un contexte anglo-saxon. Sauf qu’en fait, ça n’aide pas.

D’un point de vue général, le film peut se défendre. La mise en scène de la mort est bien creepy et parfois spectaculaire, et les acteurs tiennent relativement bien le rôle qui leur a été assigné. Visuellement, ça se tient bien, même si on sent parfois l’envie de trop bien faire pour avoir des plans iconiques. Donc ce n’est pas un mauvais film. Ça se laisse même regarder.

Mais le scénario… Tout ce qui fait de Death note un bon thriller est noyé dans les codes du film américain pour ado. Dès l’intro, Light perd son charisme au nom de la sacro-sainte empathie pour le looser au lourd passé qui reçoit un pouvoir qui va la submerger. Il va commettre les pires erreurs de l’anti-héros avec Mia (oui Misa a perdu un S) dont le rôle a bien évolué. Ce qui est bien. Jusqu’à ce que les scénaristes déconnent encore et me fassent regretter celle de l’anime, qui était idiote, mais pour son propre bien. Quant à L… Comment dire… Passe encore qu’il soit noir, on s’en fout en fait. Mais pourquoi il s’énerve autant, tout le temps ? Où est passé le génie asocial et gringalet accro aux sucreries ? Et pourquoi il se retrouve affubler d’un superviseur chelou dont je ne rappelle pas dans l’oeuvre originale ?

Du début à la fin, le réalisateur a voulu insuffler à ses personnages des sentiments qui n’avaient lieu d’être, comme la gentillesse ou la vengeance. Death note n’est pas un film de rédemption, mais une partie d’échec entre gentlemen qui savent se parler, s’apprécier, s’affronter, tout en posant les bases d’une réflexion profonde sur le bien, le mal, et la justice.

Ghost in the shell n’avait pas su sortir du cadre de son oeuvre originale. Death note sort tellement du cadre qu’il s’est perdu en route sans espoir de le sauver. Et pourtant, il y avait de quoi faire en transportant le cahier noir aux USA : le rapport au pouvoir et à Dieu, la société et l’individu sont très différents du Japon. La fin du film est acceptable mais vu que tout est bâclé avant…

Pour qui ne connait pas l’oeuvre originale, oui, ça peut passer si on oublie certaines incohérences (oui le Death note c’est tellement cool pour pécho). Pour ceux qui ont lu et apprécier le manga et l’anime… passez votre chemin. Loin. Moi je veux me laver les yeux avec de la javel. Heureusement que l’anime est sur Netflix, l’antidote pour oublier est à portée de main…

 

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