[Manga] Mei Lanfang une vie à l’Opéra de Pékin

Couverture Mei LanfangManhua de Ling Yin
5 tomes en cours en Chine
Genre : biographie, historique
192 p./15€

 ★★★½☆ 

De son enfance faite d’apprentissage difficile à la gloire des planches de l’Opéra de Pékin, Wanhua, que la Chine et le monde connaissent sous le nom de Mei Lanfang, nous ouvre les portes d’un art singulier : l’interprétation de rôles féminins par un homme.

Sacerdoce

Je ne connaissais pas Mei Lanfang, ni les éditions Urban China. Voici deux oublis magistralement réparés avec le premier tome de la biographie de l’un des artistes chinois les plus réputés, véritable trésor national, qui a fait connaitre au monde entier le théâtre chinois.

Mais commençons par le commencement. Wanhua est bien loin de pouvoir goûter aux doux fruits de la gloire. Alors que toute sa famille a toujours excellé dans les différentes disciples que recouvre l’interprétation de l’Opéra, le jeune garçon est jugé médiocre et renvoyé par son dernier maître. Cependant, lorsqu’un nouveau professeur décide de lui enseigner l’art du théâtre, Wanhua n’est pas convaincu.

En effet, son nouveau professeur d’opéra, quoi que très exigent, ne lui crie pas dessus, ne le rabaisse pas et ne le bat pas comme plâtre. Il dispense ses cours avec sagesse et en laissant une totale liberté de penser à son élève. Une situation inédite dans un milieu où les châtiments corporels sont la norme, ainsi qu’en atteste ces propos, tenus par Wuiin, le frère ainé de Wanhua, qui m’ont laissée coite, même si autres temps, autres meurs :

Subir la douleur est un passage obligé, si ton maître ne te frappe pas, c’est qu’il ne veut pas vraiment te former. A mon avis, tu devrais en discuter avec ta famille et changer de maître.

Ambiance…

En compagnie de Wnhua et Xuiin, on découvre toute l’exigence que demande l’apprentissage du théâtre. Il n’y a pas que le texte à retenir, il y a le jeu corporel, la danse, le chant, l’adresse. Sans que le mangaka n’entre dans de longues explications, on perçoit à travers les dessins, toute la subtilité des mouvements et l’importance des rôles de chacun. Le public, connaisseur et exigeant, attend des maîtres et des jeunes pousses un spectacles grandiose.

Au fil des expériences de Wanhua, on découvre les coulisses de l’opéra et le nom de grands interprètes. On découvre aussi une part plus sombre… En effet, la concurrence est rude et être le meilleur nécessite le soutien de la noblesse qui si elle vous apprécie, prendre soin de vous, en réclament parfois une contrepartie malsaine, surtout quand on sait que les étoiles montantes sont encore mineures…

Je suis admirative des dessins, en particulier de leur ancrages et des détails si soignés, rendant toute la délicatesse des tenues, des maquillages et des visages, tant pour les rôles masculins que féminuns. L’histoire s’accompagne de nombreuses annotations et références à de grands textes du répertoire chinois, ainsi que des éclaircissements sur la pratique du théâtre qui étaient bienvenus pour une néophyte comme moi. Et cette couverture… Digne des plus belles estampes…

La route est encore longue pour celui qui n’est pas encore Mei Lanfang, mais qui a déjà fait ses choix pour son futur. J’ai envie d’en apprendre bien plus sur lui et qui si, si j’en ai l’occasion d’aller voir une pièce de théâtre. Une vie à l’opéra de Pékin est un titre superbe et délicat, que je recommande avec plaisir.

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