[Manga] La cantine de minuit

Couverture la cantine de minuit tome 1Manga seinen de Yarô Abe
17 tomes en cours au Japon
Genre : tranche de vie, gastronomie
300 p./18€
Coup de 

 ★★★★☆ 

Le restaurant n’a pas de nom. Les habitués l’appellent simplement la cantine de minuit. Le chef cuisine à la demande s’il a les ingrédients, et voit passer toutes les nuits la faune bigarrée du quartier chaud de Roppongi, ses joies, ses peines et ses goûts culinaires.

Popote et confidences

En terme de fierté culinaire, le Japon n’a rien à envier à la France. Chaque recoin de l’archipel a sa spécialité, son plat-doudou et incontournable qu’on ne goûtera nulle part ailleurs, et celui qui rassemblera des convives autour d’une table.

Avec cette édition qui recouvrira à chaque fois deux tomes de l’oeuvre originale de Yarô Abe, le Lézard noir met l’eau à la bouche et le sourire aux lèvres des lecteurs. Il ne manque que l’odeur des plats… Rien qu’en écrivant cette chronique j’ai faim !

La Cantine de minuit est un théâtre culinaire, où le chef est le metteur en scène de la nourriture qu’il sert et des clients qu’il accueille. Le comptoir est une scène ouverte seulement la nuit où salarymen, femmes au foyer, personnes esseulées et travailleurs du sexe s’attablent autour d’un plat. C’est un concentré d’humanité qui se retrouve, loin des clichés que nous avons en occident sur la gastronomie japonaise (pour rappel, les vrais sushis coûtent une fortune). Des gens simples pour une cuisine simple, facile à faire, apaisante.

Les scénettes courtes, moins de dix pages, sont emplies d’humour un peu cynique, de contrariétés, de bonne humeur, sous le regard d’un chef qui s’adresse parfois au lecteur et à toujours le mot juste pour expliquer ou solutionner une situation. Le dessin est simple, presque épuré tant dans le décor que dans les expressions, et pourtant les émotions passent, dans un dialogue, ou un mouvement le tête qui va à l’essentiel.

Le manga a connu un réel succès dans son pays d’origine, au point qu’un drama a été réalisé et compte trois saisons. Netflix en a commandé une quatrième, Midnight Diner Tokyo Stories, 10 épisodes d’une heure qui reprennent chacun plusieurs histoires. J’ai un peu de mal avec le chef, qui fait plus taiseux que barman confident, mais la galerie de personnage qui fréquentent son établissement est fidèle et rend parfaitement justice à l’oeuvre originale.

J’ai un vrai coup de coeur pour la Cantine de minuit. J’ai envie de tester ces recettes de tous les jours et de lire encore les petits soucis quotidiens de ces gens ordinaires. Chacun entre puis repart de ce restaurant, pas forcément mieux, mais revigoré pour affronter la vie en dehors de cette petite bulle de bien-être. Lisez-le, ça fait un bien fou.

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