[Manga] Love & lies

Couverture love & liesmanga shonen de Tsugumi Musawo
Pika (shonen) 2016
5 tomes en cours au Japon
Genre : romance/dystopie
192 p./ 6.95€

 ★★½☆☆ 

Le jour de ses 16 ans, chaque adolescent japonais se voit attribuer un partenaire, avec qui il devra passer le reste de ses jours. Yukari, un lycéen lambda, reçoit le fameux SMS. Mais celle qui l’aime n’est pas celle qu’il doit épouser. Comment concilier ses obligations envers le gouvernement, et ses désirs, si ce n’est en bravant l’interdit ?

Boys & Girls

Le manga ne s’aventure pas si souvent sur le terrain de la dystopie, ou en tout cas, pas sa partie amoureuse. Love & lies s’emploie à combler ce vide, et même si je ressors très mitigée de ma lecture, les thèmes abordés n’en sont pas moins intéressants.

Yukari Nejima est un adolescent tout ce qu’il y a de plus normal, manquant un peu de confiance en soi, idéaliste et romantique, même si je doute qu’il se rende compte de ce dernier point. Il est amoureux de Misaki, qui l’aime en retour. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si Yukari n’avait pas été fiancé à Ririna, sans qu’aucun des deux n’ait leur mot à dire.

En effet, lui et l’ensemble des jeunes âgés de 16 ans vivent dans un Japon où tomber amoureux est interdit. C’est le gouvernement qui, via la loi Yukari (si si), choisit le partenaire de chacun, afin d’assurer mariage et descendance robuste au pays, via une sélection génétique optimale, dans laquelle les sentiments n’ont donc pas de place. Le taux de natalité au Japon, actuellement en chute libre, ne doit pas être étranger à ce scénario de départ…

L’histoire est racontée du point de vue de Yukari qui doit se dépêtrer dans ses sentiments envers Misaki et Ririna tout en essayant de mûrir dans un monde où des adultes par ailleurs peu présents ne font que surveiller la jeunesse, s’assurer qu’elle se marie et procrée mais ne transmet aucune des valeurs ou connaissances qui assureraient à ces ados de futures relations saines dans un couple. Ça donne envie tiens…

Les connaissances que garçons et filles ont du sexe opposé sont aussi superficielles que celles de vrais ados, mais dans le contexte dystopique, c’est juste flippant de les voir si désarmés face à des sentiments qu’ils ne maîtrisent pas. L’expression « les mecs ne comprennent rien aux filles » n’est pas gentiment blessante, elle fait PEUR ! Même si certains garçons se la jouent ‘je veux que ma compagne soit un canon sinon rien » ou « je ne veux pas me marier », on ne les sent pas rassurés quant à leur avenir.

Cependant, si l’amour abordé de cette manière est intéressant, j’a un gros problème avec les personnages, que je trouve factices et peu attachants dans leurs démonstrations sentimentales. Yukari est un gentil benêt qui se laisse porter par ses émotions et en bon idéaliste boosté aux hormones, ne réalise pas que le monde jouera contre lui à un moment donné. Si Ririna est encore mignonne avec ses sentiments entiers et passionnés, Misaki m’exaspère, entre ses mensonges et ses faux-semblants, elle cache clairement quelque chose d’égoiste.

Nous sommes dans un manga shonen, ce qui implique que ces demoiselles sont plutôt bien dotées par dame Nature, même si la mangaka nous épargne au niveau du fan service en maintenant ses héroïnes dans des positions assez sages. Dans l’ensemble, le dessin est agréable, et les expressions totalement paniquées de Yukari face aux filles sont ce que je préfère.

Love & lies est donc une romance scolaire intéressante dans la façon qu’on les héros de se trouver confrontés à une situation normale mais interdite : l’amour. La lecture des derniers chapitres laisse également supposer que l’auteur s’aventurera hors des sentiers battus du triangle amoureux. Malgré ça, mon antipathie pour les personnages demeure, et je pense pas poursuivre la série.

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