[Documentaire] Tickled

Affiche Tickleddocumentaire néo-zélandais de David Farrier et Dylan Reeve
Sorti le 26 mai 2016
1h31
Disponible sur Netflix

 ★★★★☆ 

Un journaliste néo-zélandais tombe sur une vidéo virale de Compétition d’Endurance de Chatouilles et décide de mener une petite enquête. Ce qui commence comme un simple buzz à propos d’un « sport » insolite va littéralement exploser la frontière entre la réalité et la fiction.

Rire et harcèlement

Quand on creuse au delà des blockbusters, Netflix regorge de trucs improbables, souvent instructifs, parfois terrifiants, qu’on n’aurait pas remarqué sans une longue errance dans les catégories. Je n’aurai sans doute pas fait attention à Tickled sans la recommandation d’un contact. Et une heure et demi après, les seuls mots qui me viennent sont WHAT THE FUCK.

L’histoire commence quand David Farrier, tombe sur une vidéo où un jeune homme attaché se fait chatouiller par d’autres hommes. Tout le monde est en survêt’, et malgré l’ambiance, rien ne laisse à penser quelque chose de déviant. Désireux d’en savoir plus, notre reporter contacte la société de production derrière ces vidéos pour réaliser une interview.

La réponse qu’il reçoit est violente : mails homophobes (David est gay), puis menaces de poursuites contre la chaîne qui l’emploie. Que les choses soient claires : il s’agit là d’un sport sérieux pour hommes hétéros et personne n’a à mettre son nez là-dedans surtout pas un homo.

Puisque l’effet Streisand est activé, notre journaliste et son compère Dylan Reeve se lancent à corps perdu dans le monde des chatouilles pour savoir ce qui justifie une réaction aussi vive. Ce qui en ressort c’est une escalade dans le glauque, le malsain. Oui il est possible de se faire mindfucker à coups de guili-guili.

Raconter Tickled ce serait comme expliquer un roman de SF/thriller avec intrigues à tiroirs. Une fois qu’on a tiré sur le bout de fil qui dépasse, c’est une bobine hallucinante de révélations sur l’argent dépensé et brassé pour ces vidéos. Les vies qu’elles ont brisé. Le cyber-harcèlement. Le sexe et la misère. Et des menaces, toujours plus de menaces.

Les protagonistes défilent dans une mise en scène très classique de documentaire qui prend le chemin de l’enquête policière. On se dit que ce choix de montage ne rend pas justice aux éléments du film mais comment exposer de façon juste une histoire aussi surréaliste que le fétiche des chatouilles. Plus les vérités sortent, plus on y croit mais sans y croire, sans en revenir.

Je suis fan de Tickled  ; je n’ai pas réussi à en décrocher et pourtant il m’a vraiment mise mal à l’aise. S’il n’est pas un bijou dans sa mise en scène, c’est une claque pour l’histoire. J’ai eu l’impression de regarder Ghost in the Shell, la SF en moins mais le creepy en plus. Et toujours l’envie de rire parce que ça part d’une bête histoire de chatouilles…

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