[Roman jeunesse] Le garçon qui jouait à la poupée

Le garçon qui jouait à la poupée couvertureRoman de Roger Judenne
Oskar 2016
64 p. / 8.95€
A partir de 8 ans

 ★★★☆☆ 

A l’approche de l’anniversaire de Mattéo, ses camarades qui souhaitent vraiment lui faire plaisir, s’arrangent pour avoir la liste des cadeaux qu’il aimerait recevoir. Mais parmi les dinosaures et les ballons de foot, il y a aussi des poupées, une dînette et des perles. La perplexité s’empare de la classe.

Jeu universel

Les préjugés sur les garçons et les filles ont la vie dure et j’apprécie toujours de voir un livre tacler le sujet avec intelligence. Le garçon qui jouait à la poupée remplit le contrat avec brio et pédagogie.

Arrivé il y a deux mois dans son école, Mattéo s’est quand même fait rapidement des amis, sans doute grâce à sa carrure et à son habileté au foot. Aussi, la surprise de ses camarades est grande quand, après avoir rusé pour obtenir la liste des cadeaux désirés par leur ami, ils découvrent aussi bien des jouets « pour fille » que « pour garçon ».

Forcément, ça discute au point que le ton monte. Les garçons notamment, refusent catégoriquement la possibilité que leurs congénères puissent jouer à la poupée ou avec des perles, jouets pour filles par essence. Même si certaines filles sont circonspectes, elles admettent plus aisément aimer passer de l’un à l’autre, en fonction de leurs goûts personnels et de l’humeur du moment.

Le jeune narrateur cherche à comprendre comment Mattéo fonctionne et découvre que la ligne garçon/fille n’est pas si nette que ça quand il s’agit de choix. Même s’il n’est pas entièrement convaincu par les arguments de son camarade, il admet que les jeux et goûts des uns et des autres ne les rend pas moins « garçons » ou « filles » que s’ils se conformaient strictement aux codes que leurs imposent la société.

Le seul reproche que je ferai à ce livre c’est le vocabulaire. Pour un môme de 8-9 ans, même en avance question égalité sociale, Matteo a un vocabulaire bien trop adulte, ce qui peut rendre le texte très didactique.

Avec diplomatie et sans se montrer autoritaire ou injonctif dans la façon d’expliquer pourquoi l’égalité et le respect des valeurs de chacun est important, le Garçon qui jouait à la poupée est un bon livre pour faire comprendre aux jeunes lecteurs cette règle de vie. Je le recommande chaudement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *