[Beuglante] Le complot de la chronique de blog

Quand ce genre de débat revient, un peu comme la rentrée ou Noel tous les ans on se dit que la blogosphère littéraire, c’est comme la mode : un éternel recommencement.

Là, la seule nouveauté est que la personne à l’origine de « Pourquoi il ne faut pas chroniquer un livre qu’on n’a pas aimé ou pas compris » est une primo-romancière, son bouquin ne sort qu’à la fin de ce mois. Ce qui laisse supposer un tas de choses allant de « je ne sais pas si je vais assumer mon livre en fait » à « le damage control en amont, c’est la vie ». Je passerai sur ses liens particuliers avec son éditeur, ce n’est pas le sujet.

J’aurai pu me fendre d’un article assassin à l’encontre de cette dame, je suis, il faut bien le dire, très inspirée, ou faire comme d’autres blogueurs, un peu moins inspirées ceux-là, et menacer de détruire la réputation du futur bouquin sur les réseaux. Même si elle est mal placée, ce ne serait que justice  ; on ne crée pas un buzz au sujet d’un activité aussi personnelle que la lecture et son envie de la partager sans s’attendre à un retour de flammes. Mais je vais me contenter d’excuser Roznarho, son manque d’expérience (primo romancière, vous vous rappelez ?) ayant parlé pour elle.

M’enfin, j’espère que son livre est meilleur que sa comm’. D’ailleurs, je vais demander à l’éditeur de l’avoir en SP, après tout, la littérature fantastique jeunesse, c’est mon rayon. Et je n’ai rien à perdre.

Pourquoi tant d’indulgence ? Parce que aujourd’hui est un jour particulier.  Voila trois ans jour pour jour que la Complot Académie a vu le jour.

Pour ceux qui auraient oublié – et ça n’aurait rien d’étonnant, tant le nombre de dramas basés sur la même histoire a été croissant depuis – j’avais posté sur ce blog mon avis sur une nouvelle que je n’avais guère appréciée pour beaucoup de raisons. Le 4 août, mon téléphone me réveille d’une grasse matinée pour m’avertir que je suis notifiée dans une conversation.  J’y découvrais, avec étonnement que l’auteure estimait que cette chronique visait à la discréditer et que j’avais reçu l’appui de certaines personnes connues et influentes. Les commentaires affirmaient par ailleurs que j’étais sans doute jalouse et frustrée et que je n’existais que pour faire le mal.

En gros.

A la fin de la journée, j’avais plus ou moins abandonné l’idée de m’expliquer avec tout ce petit monde. Ma chronique était toujours là et je n’étais même pas énervée, juste blasée. Avec les personnes qui m’avaient soi-disant aidées à descendre cette auteure, on a créé, pour rigoler, la Complot Académie, cet organisme visant à lyncher sur la place publique tout livre qui nous déplairait, à condition qu’il soit auto-édité par un auteur français pas connu mais disposant d’une fanbase au taquet.

Sur ma page, on discutait sereinement sur comment faire une chronique ; si on était pas tout d’accord sur le fait de ne publier que des chroniques positives, on était tous d’accord sur le point qu’aussi détestable qu’ait été le livre, il fallait rester courtois, après tout, on s’adressait à d’autres êtres humains qui apprécient sans doute la politesse. J’avais conclu ainsi :

Capture d'écran FB

Pardon pour la prose, il était tard

Personne ne sera jamais content, ainsi va le monde. A l’heure où des fans en furie veulent faire fermer le site Rotten Tomatoes parce que la note attribuée à Suicide Squad ne leur convient pas, aucun blogueur n’a la prétention de pouvoir plaire à tous, même s’il essaie. Il me semble que les auteurs sont dans cet état d’esprit. Il faut juste que certains se rappellent qu’auteur n’offre pas un statut privilégié, une prévalence sur ce qui doit être dit ou fait quand cela a trait à la culture et au partage.

Et puis on a pas tant de temps que ça à consacrer au complot, on a trop de choses à lire.

La lecture et l’écriture sont des aventures personnelles qui auront toujours vocation à se partager et se croiser, l’un ne vivra jamais sans l’autre… et je vais arrêter là, ça commence à sentir la guimauve ici.

Auteurs, blogueurs, lecteurs, faites comme vous le sentez et du mieux que vous pouvez. Vos univers vous appartiennent et appartiennent à ceux avec qui vous les partagez.

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