[Roman graphique] K-Shock

Couverture K-shockRoman graphique de Christelle Pécout
One-shot
A partir de 12 ans
112 p./15.50€

 ★½☆☆☆ 

Jeune étudiante installée en Corée, Alice a du mal à s’intégrer à la vie de ce pays qu’elle ne connait que par les idols de K-Pop et les stars de dramas. Elle s’apprête à rentrer en France quand sa rencontre avec un rappeur au potentiel artistique certain débarque dans sa vie.

So cliché

Je suis tombée sur ce titre un peu par hasard. Autant je commence à avoir une bonne vision de la cukture populaire japonaise, autant la Corée m’est inconnue ou presque. K-Shock semblait donc tout indiqué pour une immersion dans le pays des idol-bands et du kimchi pimenté.

Sauf que je suis très déçue. On est assez loin de l’ambiance attendue. Entre les personnages pas attachants et l’ambiance décousue, je suis très loin du coup de coeur.

Alice, notre française apprentie styliste, est l’inconscience faite fan-girl. Elle est partie en Corée en mode touriste, sans réfléchir à comment sera sa vie pendant un an, loin de ses proches et de ses repères. Et depuis, elle déchante de voir que le pays ne l’accepte pas. Mais à quoi s’attendre quand on croit que tout ressemble à un drama ou à un clip et aucune connaissance, même rudimentaires, des mœurs coréennes ? Je ne dis pas qu’il est ridicule de partir sur un coup de tête, mais ça reste de l’inconscience pure.

En face, Jae Sun est un rappeur indie, plongé un peu malgré lui dans le star-system des idols et de la K-Pop, grâce à une vidéo de lui posté sur le net par un de ses amis. Il découvre un monde codifié au possible, où tout est affaire d’humilité, de talent et de magouilles. Jae reste uniquement par attrait pour la musique, et parce que ce qu’il rapportera permettra de couvrir les dettes de sa mère, contractées auprès d’un usurier. Puisqu’il n’a pas été formaté par l’entrainement qu’on réserve aux stars en devenir, son caractère entier est un avantage autant qu’une faiblesse dans un univers fait d’apparences et d’interprétations rapides.

Suivre Alice et Jae aurait sans doute été intéressant si tout n’avait pas cet arrière gout didactique et moralisateur. Les dialogues, dès qu’ils concernent la vie d’expatrié ou l’industrie de la musique, sont d’interminables lieux communs explicatifs  qui ne creusent pas bien profond. Dommage. Dommage également pour les transitions entre l’un et l’autre qui m’ont parues décousues et mal gérées et que les deux protagonistes n’interagissent pas tant que ça au final.

Alice aurait gagné en intérêt en étant soit une Coréenne adoptée et confrontée à sa culture natale lors d’un séjour, soit une Française ayant toujours vécu en Corée mais dans un milieu protégé ou très différent de celui elle est actuellement. Là elle est juste une immigrée geignarde qui met le temps à comprendre qu’elle n’a pas fait les choses dans l’ordre.

K-Shock est donc une oeuvre pleine de lacunes et d’approximations, elle qui promettait tant, au point qu’on perçoit que l’auteur voulait sans doute poursuivre son histoire. Heureusement que l’illustration et agréable à l’œil et que les chanteurs on un certains charisme dans leur allure, sinon ce serait vraiment la fin de tout. Quand on sait que le livre est sorti pile au moment où la Corée était l’invitée du dernier salon du livre de Paris, on ne peut que soupçonner une commander, sans doute menée un peu trop vite par l’éditeur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *