[Cinéma] The Lobster

Le lobster afficheFilm de science fiction de Yorgos Lanthimos
avec  Colin Farrell, Rachel Weisz, Jessica Barden, Léa Seydoux…
Sortie le 28 octobre 2015
1h54

 ★★★☆☆ 

Dans un avenir proche, toute personne célibataire est arrêtée et transférée dans un hôtel où elle a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle est transformée en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin étrange, un homme fuit dans la forêt et rencontre un groupe de résistants : les Solitaires.

Relation or die

Je devrais toujours me méfier de mon instinct quand il part en mode « aie confiance crois en moi ». Ce petit bâtard m’a refilé un choc comme j’en ai rarement eu. Je suis encore retournée.

Fraîchement séparé de sa femme, David (Colin Farrell) doit se rendre dans un hôtel afin d’y retrouver l’amour sous peine d’être transformé en animal. Vu qu’on lui donne le choix, en cas d’échec, il a choisit d’être un homard. L’endroit regorge de résidents aux personnalités diverses, décidés à se remettre en couple, quitte à utiliser quelques ruses de séduction. Enfin je dis séduction… La vie à l’Hôtel est extrêmement codifiée, du choix des vêtements à la punition exercée si l’on est prit en train de se masturber, et les résidents vont à l’essentiel, quitte à se montrer crus dans leur propos, pourvu que ça fasse mouche.

En plus de ce compte à rebours, les résidents ont une obligation ; partir à la chasse au Solitaire dans la forêt toute proche. Le Solitaire vit en marge de la société, en groupe assez organisé, mais reste célibataire. Abattre un Solitaire revient à gagner un jour de sursis dans l’Hôtel.

Vous l’aurez compris, nous sommes dans une dystopie. Sans effets spéciaux ni évocation d’un futur de science-fiction, ce qui rend les choses extrêmement glauques. Les décors sont tellement contemporains qu’on pourrait se croire en 2016. Tout est dans les émotions. Des sentiments déviants, mus par la nécessité et la peur de devenir un être qu’on ne souhaite au fond, pas être.

Le scénario est à la fois génial et totalement barré. Plus le film avançait et plus je me sentais glacée en comprenant les implications de la règle du couple. TOUT se fait en couple. Se déplacer seul est suspect. Le principe d’avoir des points communs avec le partenaire est ici poussé à l’extrême (si votre partenaire est myope, vous devez l’etre aussi pour augmenter le taux de compatibilité. Le reste – parcours, envies, besoins – et presque sans importance.

Pourtant la vie forestière des Solitaires n’est pas moins codifiée et la leader (Léa Seydoux) n’est pas moins tyrannique que les gérants de l’Hôtel où se trouvait David. Elle veille à la survie de son groupe mais aussi à l’application de règles délirantes.

Je crois que j’apprécie les dystopies où l’on ne dit pas les choses. Comme pour les films d’horreur, la suggestion est une arme puissante que The Lobster manie avec talent. Me film n’est pas sans défauts car j’aurai quand même voulu comprendre pourquoi on en est arrivé à une telle situation ; contrairement à Les effets du hasard, impossible de percevoir pourquoi la société a dérivé dans cette obsession du couple. C’est évidemment une critique acerbe de notre propre société où être célibataire est toujours remis en question…

En tout cas j’ai adoré ce film.

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