{Bande dessinée] L’homme qui tua Lucky Luke

L'homme qui tua Lucky Luke couvertureBande dessinée de Mathieu Bonhomme
D’après le personnage orogonal de Morris
Lucky Comics 2016
64 p. / 14.90€ (papier), 9.99€ (streaming+DRM)
Coup de 

 ★★★★½ 

Lucky Luke fait halte à Froggy Town, une ville perdue dans l’ouest..Mandaté par les habitants pour enquêter sur une attaque de diligence et le meurtre du conducteur, Luke se heurte rapidement à l’hostilité des frères Bone, qui tiennent la ville.

Les héros, ça ne meure jamais

Etant enfant, j’ai dévoré tous les Lucky Luke qui me tombaient sous la main. Les Rantamplan aussi. J’ai aussi regardé les films et les dessins animés – anciens et nouveaux. Tout n’était pas égal en qualité mais je m’amusais bien. Puis Morris est mort et j’ai eu du mal à accrocher aux nouvelles aventures, sans son scénariste d’origine aux commandes.

Donc, j’étais un peu méfiante pour cet album. Et j’ai eu tort. Parce que l’Homme qui tua Lucky Luke est le meilleur hommage à un artiste que j’ai pu lire.

Bon par contre, je suis naze pour parler de BD, alors soyez indulgents.

Au premier abord, on croirait que l’ambiance n’a pas changé. Des grands espaces rocheux et désertiques, une petit ville-champignon paumée et aux prises avec la criminalité et des mecs qui se la jouent gangsters.  Une ville comme une autre où Lucky Luke arrive, simplement pour faire halte.

On sent qu’il a baroudé, qu’il vit avec des trucs sur la conscience. Son flegme tout personnel atténue la légende qu’il s’est forgé en rendant la justice. Luke ne cherche pas d’ennuis mais les ennuis viennent à lui, sous la forme d’un vol d’une cargaison d’or et du meurtre du conducteur de la diligence qui le transportait. Et vu que c’est un Indien qui a fait le coup…

Sans verser dans le sombre, l’ambiance a tout de même pris une orientation plus adulte. Lucky Luke est plus nerveux, sans doute à cause du manque de tabac. Un sacré running-gag cette histoire de clope d’ailleurs. On sent dans le scénario déjà bien fourni que les rebondissements ne sont pas loin et que cette histoire est plus qu’un simple vol. Ici, tout le monde malgré les apparences est plus humain, moins caricatural que dans les albums pour le jeune public.

A mesure que Luke ou les habitants de la ville s’énervent ou se calment, les couleurs changent, plongeant encore mieux le lecteur dans l’action. On retrouve tons les poncifs qui font qu’une histoire de cow-boy est une histoire de cow-boy : l’envie de se faire justice, les fourches et les torches, les préjugés sur les étrangers, l’honneur et les sentiments et toujours la capacité de Luke à se tirer d’une situation tendue. Meme dépossédé de ce qui fait de lui l’homme qui tire plus vite que son ombre. Meme si parfois, les choses prennent un tour tragique.

J’ai toujours reproché aux personnages de BD franco-belge de ne pas vieillir et de rester dans les mêmes arcs confortables sans se renouveler. Mathieu Bonhomme fait de cette faiblesse la force absolue de cet album. Luke n’a pas d’age, pas de but à part la justice. Tant est si bien qu’il est impossible de dire si cette BD pourrait se situer au début, au milieu ou à la fin de ses aventures. C’est juste génial.

Je pense toujours qu’il faut être capable de dire au revoir à un personnage quand son créateur s’en va. Mais là, j’ais été contente que Lucky Luke vive une aventure à la mesure de sa longévité, de son esprit de justice et de son inoubliable dégaine.

See you lonesome cowboy…

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