[Science-fiction] Le cycle de Takeshi Kovacs. Tome 1 : Carbone modifié

carbone modifié couvertureRoman d’anticipation de Richard Morgan
Bragelonne (Milady) 2008
544 p. / 8€ (papier), 5.99€ (numérique sans DRM)
Coup de 

 ★★★★½ 

Après une opération qui a mal tourné, Takeshi Kovacs pensait qu’il resterait en pile pour quelques centaines d’années. Aussi est-il surpris de se retrouver dans un corps d’emprunt, sur Terre, loin de sa planète d’origine. Pour retrouver sa liberté, l’ancien Diplo va devoir enquêter sur un suicide : celui de l’homme qui l’a contraint à faire le voyage et qui est bien vivant. Car dans ce futur proche, la mort n’est plus qu’un souvenir.

I can’t be cool

J’ai très peu lu de cyberpunk, à part quelques nouvelles de Philip K Dick. Ma référence absolue en la matière reste Ghost in the Shell, le manga de Masamune Shirow bien sûr, mais surtout les films et la série animée, Stand Alone Complex.

Mais puisque j’ai un challenge sur le feu, autant se lancer gaiement dans l’aventure. Ça tombe bien, si quelqu’un sait comment trouver un Kovacs en vrai, je prend. Carbone modifié est un vrai coup de cœur.

J’ai adoré ma lecture du début à la fin. Alors que je saturais des dystopies adolescentes, arriver dans ce monde à la fois abouti et décadent a été une excellente surprise. Flippante mais excellente.

En effet, dans ce monde, l’humanité ne meurt plus ou presque car elle a trouvé le moyen de mettre sa conscience en veille quand le corps est dégradé, naturellement ou accidentellement. A moins que la pile qui contient votre âme, vos souvenirs, bref ce qui fait que vous êtes vous, ne soit irrémédiablement endommagée, vous ne mourrez pas… enfin si vous avez les moyens d’entretenir tout ça, à l’instar de Bancroft, l’homme d’affaires qui veut savoir qui a tenté de l’éliminer, alors que la police, incarnée par Kristin Ortega, a conclu au suicide. Et pour cause, Bancroft est un Math, un humain ayant vécu bien longtemps que la moyenne. Mais quel est l’intérêt de se suicider quand un programme sauvegarde automatiquement votre personnalité et vos souvenirs ?

Japonais d’origine (gni <3 ), Kovacs est un faux calme; une dégaine d’homme tranquille à qui l’imperméable irait bien, mais qui vous collera une balle entre les deux yeux si vous vous moquez de lui trop longtemps. Cool sans l’être. Un mélange de Batou dans l’action brutale et de Kusanagi dans la réflexion élaborée. Il parvient à se plonger dans cette sordide affaire mêlant prostitution, gros bonnets de la politique et hacking, tout en combattant ses propres démons et faiblesses.

Il se frotte (parfois littéralement) à toute une galerie de personnages complexes, souvent bien moins glorieux que ce qu’ils souhaitent faire croire, voire carrément détestables. Le fait qu’il n’habite pas son véritable corps mais « emprunte » celui d’un autre biaise ses rapports aux autres, ce qui est carrément génial selon moi.

La chose qui me plait dans ce livre, et dans le cyberpunk en général, c’est que les idées ont beaux êtres très avancées, et souvent très pessimistes par rapport à ma propre conception de l’existence, je les comprends facilement et peut les admettre. L’auteur a développé toute une réflexion sur la religion – ancienne ou nouvelle, la perception que l’homme a de lui et des autres, de la vie et de la mort, et j’ai trouvé ça fascinant à lire.

Mélange d’action et de réflexion, saupoudré de la fausse nonchalance d’un Kovacs charismatique en diable, Carbone modifié est coup de cœur et un livre que je vous recommande chaudement. J’ai hâte d’en lire la suite et surtout d’avoir son adaptation en série télé par Netflix. Soon…

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