[Roman] Bora Bora’s Bitches

Couverture de Bora Bora's BitchesRoman de Jacinthe Nitouche

Edibitch 2014

19 € (papier), 4.99€ (numérique sans DRM)

 ★☆☆☆☆ 

Bora Bora, c’est le petit nom de l’appartement de Petra, Jane, Phillis et Jacinthe.. Elles ont entre 20 et 30 ans, toutes célibataires, et une ribambelle de plans d’un soir à leurs actifs. Si certaines ont connu l’amour, il les a fait déchanter et elles sont toutes résolues à ne pas s’attacher, même si un mec sexy et à la répartie saignante s’installe dans l’appartement d’en face.

Bitch please

Ça fait quelques mois que le livre est sorti. En auto édition d’abord, puis récemment chez Edibitch, éditeur tout frais créé et désireux d’assumer son identité féminine transgressive. « Réveille la garce qui est en toi », tel est le credo. J’ai la version auto-éditée, et, en toute franchise, je n’ai pas aimé. Alors que j’aurai pu.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux filles. Jacinthe aka « Jaja » ou « Poil de cul » (oui oui), la narratrice, a un caractère affirmé comme ses copines et assume être libérée et déjantée.  Si Jane relève un peu le niveau par un naturel plus posé, Phillis (bi et obsédée) et Petra (qui pleurniche sur son abstinence forcée) m’ont fait levé les yeux au ciel. En marge de leur folie douce rôde un côté immature qui va leur coller à la peau tout au long de l’histoire.

Le livre nous narre et en long en large et les relations entre les quatre filles, et leurs histoires de coeur. Ou plutôt leurs plans-cul. Très vite, on comprend que ça n’ira ps plus loin. J’aurai pu me contenter de cette série d’anecdotes, qui au fond, est assez révélatrice de l’attitude des quatre bitches vis à vis de leurs partenaires (on prend du bon temps – ou pas – mais on ne rappelle pas), mais ça devient assez vite redondant.  Les hommes ne font que passer, et on n’en rencontre finalement que bien peu. Chacune finit par entretenir une relation plus ou moins stable mais impossible d’en percevoir la finalité, voir même s’il y en a une.

Mais au delà des personnages et de l’intrigue, la chose la plus horripilante du livre est l’ambiance vulgaire transmise par le vocabulaire. Jacinthe et ses copines parlent sexe, pensant sexe, boivent sexe (et mojitos). Il n’y a pas un dialogue sans qu’une allusion à l’anatomie humaine ou à l’acte sexuel ne soit faite. Si encore c’était bien dit même dans un langage populaire (à la Arletty quoi), ça passerait. Sauf que non ; quand une recherche m’indique que le mot « chatte » apparaît 132 fois alors qu’il n’y a pas l’ombre d’un félin femelle à l’horizon, je m’inquiète. Et ne soyons pas sexistes : les organes reproducteurs mâles sont également bien représentés.

Au chapitre des choses très énervantes : les notes de fin de chapitres. 178 notes et autant de références à la pop-culture dans un roman, ça m’a achevée. L’auteur se sert de ces notes pour parler directement au lecteur, sur Jennifer Lopez, Cricri d’amour, Photoshop ou Moïse. Comme pour le reste, c’est drôle au début, puis très agaçant, en plus de couper constamment la lecture. Tant de références me fait dire que le livre se cherche une justification constante, une raison d’exister.

Donc, je n’adhère pas. C’est too much. J’ai eu sans arrêt l’impression que Jacinthe jouait un rôle (le comble pour un personnage) car lorsqu’elle est calme, elle a de jolis moments sincères. Dès qu’un homme ou ses amies sont dans les parages, l’hystérie et blagues potaches reviennent. C’est marrant cinq minutes puis on prie pour que ça s’arête. Et c’est dommage, car je suis persuadée que si le texte avait été expurgé de ces lourdeurs pipi-caca, si j’avais senti une évolution vers la maturité des filles, il aurait donné une petite histoire chic-lit sympathique.

A propos de l’ebook : en fonction de votre outil de lecture, le nombre de page ne sera pas forcément le même. Globalement il tourne aux alentours de 600, mais grâce – ou à cause – des fameuses notes de chapitre, il doit plutôt faire 300 pages pleines de lecture.

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