Les poupées c’est pour les filles

9782211213561Album de Ludivine Flamant

Illustrations de Jean-Luc Englebert

L’école des loisirs (OFF Pastel) 2013

40 p. / 9.50 €

 ★★★★☆ 

Pour son anniversaire, le petit frère du narrateur a reçu une poupée de chiffons. Mais dès qu’il souhaite aller à l’école avec, Papa s’y oppose et le soir même, emmène la famille pour trouver un vrai jouet de mec. Sauf que petit frère veut une poussette pour Cindy.

Orgueil et préjugés (oui si je veux d’abord)

Allez, une petite chronique gender, juste pour le plaisir et parce que ce livre m’a bien fait rire. Les pauvres papas en prennent pour leur grade.

Nous avons donc un grand frère, observateur de sa famille, un papa agacé par les facéties de la sœur de sa femme (qui a offert la poupée), une maman conciliante, et un petit frère qui adore son cadeau, qu’il a appelé Cindy, et à qui il ne manque qu’une poussette pour l’emmener promener.

Papa tient à ce que petit frère ait des jouets normaux, et en lieu et place de la poussette désirée, achète une boite à outils. Ce qui donne lieu a des disputes et des larmes, dès qu’il faut aider le petit frère à construire… bah on ne sait pas.

C’est bien là tout le propos du livre. Doit-on avoir des jouets aussi utiles qu’attractifs pour soi, ou des jouets « pour faire genre » ? Le grand frère n’est pas spécialement dérangé par la poupée, il a même des solutions pour elle. Seul le père chipote et la joue mauvaise foi « avoir un bébé (vivant) et une poupée, ce n’est pas pareil ».

On assiste même à une tentative un peu maladroite de retournement de situation, où le père fait remarquer à sa femme qu’elle pourrait très bien aider le petit en se servant de la boite avec lui (oubliant que c’est lui qui a promis de l’aider).

Placée du point de vue du grand frère, l’histoire montre comment parents et enfants appréhendent la situation : les premiers entre tentative de conciliation et détermination à dire que « c’est comme ça et pas autrement », les seconds avec autant de volonté à obtenir gain de cause qu’une philosophie très directe et toute enfantine d’arriver à un résultat.

Finalement, ce sont les enfants qui se prennent en main, laissant sous-entendre que les adultes, et surtout le père, devront composer avec ce résultat.

Le texte est plutôt simple à lire et plein de traits d’humour du grand frère. Il se sent concerné par le sujet mais sans en faire trop, et se montre très zen par rapport à ses parents plus soucieux du qu’en dira t-on.

Un petit livre charmant, que je recommande pour sa bonne humeur.

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