Le jour du slip / Je porte la culotte

2078022_14432333-2104jeunesse01-20130420-j125eroman de Anne Percin et Thomas Gormet

Illustration Anne-Lise Boutin

Le Rouergue (Boomerang) 2013

64 p. / 6.50 €

 ★★★½☆ 

Ils doivent se rendre à l’évidence, Corentin et Corinne ont changé de sexe pendant la nuit. Passé le choc au réveil, il va bien falloir gérer la situation à l’école : à lui les séances de coiffure avec les copines, à elle le chahut avec les potes.

L’autre c’est moi

Bon, j’en rigole, mais sans les bonnes âmes intégristes qui sévissent sur les réseaux sociaux avec des listes de livres à faire retirer des bibliothèques, je n’aurai probablement pas lu ce livre. C’aurait été dommage, vu que j’ai passé un excellent moment.

Le livre comporte deux histoires, il suffit de le retourner pour avoir accès à l’autre et on peut commencer par celle que l’on veut.

Les histoires ont le même schéma narratif, Corentin et Corinne se réveillent dans la peau de l’autre, sans raison apparente. Après avoir géré avec plus ou moins de succès l’étape de l’envie pressante du matin et la découverte de leurs nouveaux corps, les voila catapultés à l’école, ou personne ne semble trouver la situation anormale. Même les parents n’ont pas percuté.

Pour Corentin et Corinne, c’est l’occasion de confronter leurs visions de l’autre sexe, autant individuellement qu’avec les groupes d’ami-e-s que chacun a dans l’école. Les chuchotis moqueurs pendant la classe, les réunions à la récré, la cantine, tout prend une autre dimension et les rend conscients que certaines attitudes vis à vis du sexe opposé ne sont pas les plus judicieuses.

Le livre déploie d’une façon subtile une batterie de clichés et de faits qui séparent garçons et filles sans que finalement, on ne sache pourquoi : les mamans sont moins patientes avec les garçons, les filles ont des livres et les garçons font du sport, elles ne se bagarrent pas, et eux ne pleurent pas. Sans compter les fringue ternes pour lui et colorées pour elle…

Par leurs maladresses, Corentin et Corinne vont casser ces codes. Ils n’auront pas forcément conscience de ces changements dans leurs vies respectives, mais c’est pour eux une façon de grandir.

Inutile de dire que je le recommande. Il est drôle, avec un vocabulaire simple et des héros très attachants. Et je maintiens que les Moyenâgeux qui crient à la théorie du genre ne l’ont pas lu… ou ont un esprit trop tordu quand ils lisent entre les lignes.

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