Albator, le corsaire de l’espace

Albator-3D-Affiche-du-filmfilm d’animation de Shinji Armaki

d’après l’oeuvre de Leiji Matsumoto

Toei Animation

1h50 /3D

 ★★★☆☆ 

2977. Albator, le capitaine du vaisseau Arcadia, combat la coalition Gaïa, qui a fait de la Terre une planète-sanctuaire, à laquelle nul être humain n’a le droit d’accéder. Yama, un agent de Gaïa, s’infiltre dans le vaisseau, afin d’arrêter les pirates et dévoiler la vérité sur Albator.

Froid comme l’espace

Ce film a une odeur de madeleine de Proust. AlbatorHarlock de son nom original – aura connu les mangas, deux séries animées, une ribambelle de spin-off, suites et préquelles plus ou moins supervisés par Leiji Matsumoto (et dont mon préféré reste Galaxy Express 999).

Groupe Daft Punk Interstella 5555

Eh oui, je l’avais dit, aisément reconnaissable l’esthétique du Leiji (Interstella 5555 / Daft Punk).

Un univers à l’esthétique reconnaissable, grâce au physique type des personnages principaux, entre les jeunes femmes longilignes (et dont je jalouse la longueur de cheveux) et les mécanos replets. Et puis il y a Albator. What else.

Côté physique, le pirate n’a rien perdu de son charisme. Le passage des années 2000 et de l’image de synthèse n’aura fait qu’en rajouter (même s’il use et abuse des mouvements de cape). Pour la personnalité… disons que les 5 premières minutes posent le caractère du bonhomme : distant, méthodique, déterminé dans ses actions et ne doutant pas de la voie qu’il s’est choisi. Il ne révèle un côté humain que lorsqu’il en a envie, ou quand il est seul.

L’équipage qu’il a composé est également présent dans son ensemble (y compris le gros piaf aux long cou de vautour). Visiblement, la production s’est fait plaisir pour Kei, la  seconde du capitaine, sa tenue très moulante mettant en avant ses atouts plus que l’anime ne le suggérait à l’époque (c’est sûrement pas du cuir, mais ça crisse pareil quand elle bouge…).

Visuellement donc, le film est beau. Très beau. Et sombre. Trèèèèès sombre. On comprend bien que ça se passe dans l’espace (où on ne vous entend pas crier). Les teintes froides n’épargnent rien, pas même l’Arcadia, le rendant aussi sombre et hostile que son capitaine. Il n’y a que les batailles spatiales, franchement grandioses qui gomment cet aspect lisse et brut. Là, ça tire de partout à grands coups de laser, ça s’éperonne, ça part à l’abordage. Bienvenue dans la piraterie spatiale ! Le réalisateur, Shinji Aramaki (Appleseed), semble aussi adorer les ralentis très esthétiques qui te posent la classe d’un personnage en pleine action.

Albator et Mimay. Et oui, il a cet air blasé tout le temps.

Albator et Mimay. Et oui, il a cet air blasé tout le temps.

Et avant que j’oublie, la 3D ne sert à RIEN. Comme d’habitude vous me direz. Certes le film est entièrement en images de synthèse, mais aucun plan ne justifiait vraiment l’emploi de cette technique, pas même les scènes de combats au corps à corps avec gerbes d’eau et pointage de blasters face caméra.

Avec son univers étendu le film est donc doté de bases solides. On s’attend à être confortablement surpris en ce sens qu’Albator est au premier abord, une lutte de la Justice contre le Mal, avec ces rebondissements qui ne le rendent pas manichéen pour autant.  Et pourtant, on sent clairement qu’1h50 n’étaient pas suffisantes pour développer tous les aspects que le scénario a mis en place. Entre Yama et Ezra, l’amiral de la flotte de la Coalition, les secrets du capitaine, les intérêts des dirigeants de Gaïa, il y aurait de quoi relancer une série complète. Albator pêche par son foisonnement d’idées, plus survolées que véritablement exploitées. Ce sera sans doute le regret des fans de la première heure.

L’esthétique volontairement froide du film rend difficile l’attachement aux personnages comme a pu le faire l’anime. Le format « court » n’aide pas non plus ceci dit.

Reste à rappeler que la série va sur ses 50 ans (eh ouais). Même si le film reste léger niveau scénario, il reste un tremplin générationnel extrêmement tentant, en faisant découvrir aux gamins de maintenant ce qui a bercé l’enfance de l’adulte que je suis désormais. C’est beau, bien réalisé et si on ne cherche pas trop la petite bête, l’histoire se tient quand même. J’ai passé un bon moment, et je me prend à espérer qu’il y en aura d’autres.

PS : allez le voir en VO, parce que la VF… voila quoi… ça surjoue encore pas mal, surtout les voix féminines…

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