[Nouvelle] Le prophète

Couverture de Le Prophète d'Anne Sophie ChabilandNouvelle d’anticipation d’Anne-Sophie Chabiland
Auto-publication sur Amazon
87 pages environs / 2.68 € (numérique)

 ★☆☆☆☆ 

 

Trois mois qu’un mystérieux Prophète lance ses imprécations sur la Toile. Trois mois que Sara lit ces emails annonciateurs d’Apocalypse. Quand l’humanité bascule, elle ne peut que suivre.

Apocalypse organisée

Vous l’avez vu, je suis en mode « nouvelles » en ce moment. Mais autant ma précédente lecture m’avait bien plu, autant celle-ci ne restera pas dans ma mémoire. Sauf pour me dire que ça n’en valait pas la peine.

Déjà, je vais pousser ma gueulante. Le Prophète n’est disponible à l’achat que sur Amazon. Rien sur Immatériel, Feedbooks, Chapitre ou même Kobo. Je sais que multiplier les plates formes d’achats est contraignant pour les auteurs, mais outre le fait que tout le monde n’a pas de Kindle, cela renforce l’idée qu’il n’y a qu’Amazon qui compte dans la vie d’un écrivain qui se lance.

Ensuite, je n’ai pas été convaincue par l’histoire. Cet énième récit d’apocalypse annoncée par le Prophète, un personnage dont on ignore tout, à part sa capacité à pirater internet depuis trois mois pour envoyer ses messages moralisateurs, menaçant une humanité qu’il estime en pleine déchéance. Sara, l’héroïne, va lire ces mails qui la feront s’interroger sur elle-même et le monde matérialiste qui l’entoure. A partir du moment où le Prophète met ses menaces à exécution, elle et sa famille passent par toutes les phases classiques du genre : peur, acception de l’inéluctable, rappel que tout n’est pas mauvais dans cette vie, endurcissement, confrontation à la mort de personnes plus ou moins proches, lumière au bout du tunnel…

Malgré un style d’écriture correct, j’ai eu l’impression qu’un professeur de collège écologiste extrémiste me faisait la leçon pendant des heures et des heures sur ma façon d’être et d’agir dans la société. Le discours du Prophète est manichéen et se révèle donc sans surprise. Même le côté spectaculaire de ses actions terroristes tombe dans une sorte de logique banale pour qui a déjà croisé des grands méchants, une platitude que la narration (et les fautes d’orthographe) ne parvient pas à sauver.

J’ai aussi trouvé étrange que l’auteur cite des marques sans arrêt. Certes on peut s’identifier et s’imaginer les choses aisément, mais vu que l’histoire s’emploie à dénoncer un monde corrompu et matérialiste, je trouve ça un peu contradictoire. Quant à l’épilogue, il me laisse vraiment sceptique. Je ne comprends pas où l’auteur souhaitait en venir ni le cheminement qui l’a amenée jusque là.

Bien que l’idée de base (une apocalypse humaine) soit toujours intéressante à exploiter, le Prophète est au final une histoire maladroite et manquant de rythme. Les choses se lancent lentement et il n’y a pas vraiment d’enjeu, à part la survie. Les pistes de réflexion offertes se noient sous une morale étouffante et qui enlève tout l’intérêt du texte, rendant définitivement la lecture pénible et ennuyeuse.

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