[Nouvelle] Le monde des Ã

Couverture de Le monde des ÃNouvelle de science fiction
Michel Pagel
Parue dans Bifrost n.52 (Le Bélial)
Parue dans le recueil La vie a ses rêves (Rivière blanche ActuSF)

 ★★★★☆ 

Dans le système de Véga, la planète paradisiaque Ssfragraphptrrrâzoutffluochtinkbrümt (sans les h aspirés) vit les derniers instants de son utopie.

 Le monde est fou, voyez-vous.

Je suis tombée sur ce texte en surfant sur Facebook, Le Bélial proposant de télécharger gratuitement une nouvelle par mois sur sa plate-forme, je n’allais pas me priver d’un peu de lecture.

J’ai adoré cette plongée dans la fin d’un rêve. Le ton oscille entre la fascination de la découverte d’un monde et son absurdité à mesure qu’on apprend son histoire. Presque immédiatement, l’univers des Shadocks et la voix de son célèbre narrateur Claude Piéplu se sont imposés à mon esprit au fil de ma lecture.

Le titre complet du texte est Le monde des à ou la destruction organisée d’une utopie, par le professeur A.E. Vandervogtte. Je serai feignante, je vous dirai que le résumé tient dans le titre parce que raconter une nouvelle est un peu compliqué. Mais pour résumer sans trop en dire, les habitants de Glamur (autre nom de la planète), se voient offrir la chance d’abolir les guerres et la violence par les occupants d’un vaisseau alien dont la carlingue est ornée d’un A peint en rouge. Pour cela, ils n’ont qu’à se faire poser un petit dispositif qui régulera leurs émotions et leur interdira de désobéir aux lois en vigueur. Rien de bien méchant, surtout que ça marche à merveille, rendant la planète prospère et attractive pendant des décennies…  Jusqu’à ce qu’un Glamurois désire coucher avec la femme de son voisin. Là, ça part en sucette.

Bien que le texte soit court (une vingtaine de pages), il est dense et fouillé grâce à la plume de l’auteur qui expose avec humour et ironie les péripéties de ce monde agonisant. Le dénouement est étonnant et offre une réflexion profonde sur notre société actuelle et future, à l’heure des dystopies un rien manichéennes. Glamur n’est pas un monde moins malade que le nôtre, le mal est juste un peu différent et ceux qui tentent de le changer emploient des méthodes assez discutables pour y parvenir.

Au final, je dis « laissons les extra-terrestres tranquilles ». Ils n’ont rien demandé les pauvres, et surtout pas de supporter nos propres expériences en politique. En attendant, cette nouvelle-là mérite d’être lue, ne serait-ce que pour le sourire amusé qu’elle a fait naître sur mon visage. J’adore les histoires absurdes, avec une fin ouverte capable de me retourner le cerveau.

Le monde des à fait partie de ces nouvelles un peu folles que je recommanderai à qui n’a jamais u de SF. La plume de l’auteur m’a convaincue.

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