Emma

Roman de Jane Austen
Première parution 1815
Feedbooks éditions
386 p. / Gratuit (numérique sans DRM)

 ★★★☆☆ 

A Highbury, la belle, riche et intelligente Emma Woodhouse s’emploie à jouer les entremetteuses avec les personnes de son entourage. Une activité qui engendrera des situations aussi délicates qu’inattendues.

 Pas le meilleur

Et voici ma deuxième lecture de Jane Austen (je n’ai toujours pas chroniqué Orgueils et préjugés… hum…). J’en sors un peu mitigée, Emma, malgré des charmes indéniables ne sera pas parmi mes préférés de l’auteur.

La faute en revient principalement à Emma Woodhouse. Elle a bon caractère, mais malgré la bonne éducation reçue, elle se comporte parfois comme une enfant gâtée et se montre trop sûre d’elle.  Elle se berce d’illusions sur les uns, reproche certaines choses à d’autres de façon injustifiée. Sa psychologie s’explique en partie parce qu’elle vit seule avec son père, un adorable hypocondriaque à qui tout son entourage passe ses lubies. Ceci dit, le caractère  d’Emma finit par évoluer en même temps que ses expériences malheureuses en matière de mariage arrangé, et elle devient plus appréciable sur la fin.

La bonne société de Highbury dans laquelle elle évolue est assez distrayante à observer, avec des personnages hauts en couleur, de l’affable couple Weston au prétentieux en devenir M. Elton en passant par l’ami d’enfance avec qui Emma aime se disputer, M Knightley. C’est l’occasion pour Jane Austen de dépeindre les mœurs de la bourgeoisie de province, faites d’amabilité sincère ou mesquine, de faux-semblants, et la principale occupation de ce petit monde : créer des liens par le mariage.

Emma, en voulant absolument marier Harriet Smith, une jeune fille naïve et au passé obscur, va provoquer plus de quiproquos de de malentendus que de bien autour d’elle, et retarder le bonheur de beaucoup de personne de son entourage… et le sien. Même si certains d’entre eux sont insupportables (les Elton, entre autres), j’ai de l’affection pour d’autres et j’apprécie de voir leurs caractères évoluer, parfois dans une direction totalement surprenante ! Emma va elle aussi devenir meilleure, en acceptant de faire l’état des lieux de ses propres sentiments.

Comme d’habitude, Jane Austen fait juste assez de descriptions des lieux et des personnages pour laisser voguer l’imagination. Je suis à peu près certaine que tout ce que j’ai vu en fermant les yeux ne ressemblera pas à ce que la BBC en aura fait quand je me déciderai à regarder son adaptation télévisée. Ça risque d’être intéressant.

A noter que j’ai lu ce livre dans une version numérique… discutable. La traduction est très maladroite, les noms sont parfois francisés sans raison (Harriet ? Henriette ?) et le traducteur passe de l’un à l’autre sans raison, au point que j’ai été parfois perdue.

Emma n’est donc pas déplaisant, même si j’ai eu du mal avec. Sur plusieurs points, ce titre manque d’ambition et j’ai eu du mal à savoir où l’auteur voulait en venir. C’est une lecture légère, plus faite pour passer le temps que pour chercher de réels enjeux romantiques et moraux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *