Les enfants des dieux. Tome 1 : Terrible Awena

Couverture Terrible AwenaRoman fantastique de Linda Saint Jalmes
Rebelle éditions. Novembre 2012
490 p. / 19.90 € (papier), 9.90 € (numérique sans DRM)

 ★☆☆☆☆ 

Awena, en séjour en Ecosse, se retrouve projetée au Moyen-âge à cause de deux apprentis druides et d’un souhait stupide. Face à Darren, seigneur des lieux, elle est déterminée à regagner son époque et lui à la garder près de lui.

L’Ecosse en touriste

Çà fait un moment que je trimbale cette romance fantastico-historique dont on m’a vanté les qualités et l’originalité – même ma libraire de Virgin m’en a parlé et comme elle est calée en littérature fantastique, je lui ai fait confiance. De plus, le livre a connu son petit succès en auto-édition, fait assez rare pour être souligné. Croiser un mec en kilt lors du Salon du livre 2013 sur le stand Rebelle a achevé de me convaincre d’en faire ma lecture prioritaire (et oui, je suis faible).

Sauf que Terrible Awena va s’ajouter à la liste des livres que je n’ai pas terminé, faute de patience vis à vis de son contenu. Et parce que mes remarques à haute voix toutes les deux minutes ont énervé mes collègues de travail. Assez pour que ma vie soit menacée. Non j’exagère, mais à peine. Arrivée à la moitié du livre, je n’avais pas envie de connaitre la fin.

Awena est intéressante de prime abord. On a envie d’en savoir plus sur elle, ses relations avec une mère distante et bourrée de secrets,  et ce qui l’a amenée en Ecosse. Mais son caractère affirmé devient rapidement agaçant : il n’a pas de demi mesure. Elle s’énerve, s’emporte, est tellement émotive que j’ai plus vu une boule sentimentale qu’une vraie jeune femme.  Avec elle tout passe du blanc au noir et je n’ai toujours pas l’impression qu’elle soit capable de se tempérer et de réfléchir posément.

En face, Darren est une incarnation parfaite du mâle sensé faire baver. Grand, fort, tout en muscles et en charisme-sex-appeal highlander. Et il a sale caractère. Magicien en plus de guerrier-chef de clan. Je serai méchante, je dirai qu’il est grosbill, tellement parfait et puissant que tu te demandes pourquoi il a besoin de compagnons pour guerroyer et pratiquer la magie. Vous l’aurez compris, il ne me fat spécialement rêver. Je veux bien que la romance soit un fantasme mais même la perfection à ses limites.

Que dire de l’histoire ? C’est décousu. L’action va trop vite, au point que j’ai des doutes sur le timing. L’intrigue se mélange tellement aux sentiment que j’ai eu du mal à suivre le raisonnement des personnages et leurs interactions les uns avec les autres. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment Darren et Awena ont pu finir au lit après seulement trois discussions très courtes et espacées chacune de plusieurs jours. J’en conclus que si les choses ont paru évidentes à l’auteur, ça ne l’était pas pour moi.

Si j’ai bien compris les objectifs de l’histoire (ils doivent vivre heureux et faire beaucoup d’enfants-dieux), la façon qu’ont les héros d’affronter les problèmes – très souvent dans le conflit – est rapidement usante. Et là où je me suis arrêtée, rien n’avait vraiment commencé, ce n’était que chamailleries incessantes entrecoupées de temps en temps de bluette sirupeuse et d’actes héroïques ou suicidaires, mais qui ne font pas avancer l’intrigue, ou si peu.

Le style, enfin m’a laissée songeuse. Il oscille entre le correct et le trop familier pour une romance. L’auteur, tenant sans doute à marquer les différences entre une jeune femme moderne et indépendante et ses interlocuteurs du passé, en fait trop. Awena, déjà brute de décoffrage passe pour une idiote à force d’employer des mots pour d’autres (des jupettes pour des kilts par exemple), alors qu’elle est sensée avoir une certain bagage intellectuel. Je ne parle pas des incursions répétées du narrateur pour placer des expressions et des références « so 20-21eme siècle » qui alourdissent le texte et le rendent redondant. Ni des « oui » et « non » constamment traduits dans la langue de Darren et ses compagnons. Une fois je veux bien, tout le temps, je n’en perçois pas l’utilité.

Au final, je dirai tout ça pour ça ? M’aurait-on encore survendu un livre à cause de mecs en kilt soi-disant sexy et qui donneraient chaud ? Franchement je me le demande. L’histoire partait sur un principe à la fois classique et amusant – plonger un personnage des temps modernes dans une époque qui n’est pas la sienne – mais il y a trop d’approximations pour qu’on y croit dur comme fer. C’est dommage, mais clairement je ne le finirai pas, et je ne le recommande pas.

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