Clio Kelly. Tome 1 : le réveil de la gardienne

9613442

Roman fantastique de Angélique Ferreira
Les éditions du Petit Caveau. Octobre 2010.
170 p. / 14.90 € (papier), 5.99 € (epub sans DRM)

 ½☆☆☆☆ 

Clio Kelly, jeune et brillante journaliste à Paris devient le centre d’attention de plusieurs grandes forces surnaturelles très puissantes. En jeu : rien de moins que l’existence du monde tel qu’elle le connait. Rapidement, elle et son entourage sont entraînés dans une suite sanglante d’événements.

 Incompréhension mythique

Ça fait un moment que je devais lire ce livre. Je l’avais entamé, puis abandonné une fois par manque de temps. Puis l’occasion s’est représentée et je l’ai repris. Pour le laisser tomber au bout de 40 pages. Oui, je vais pour la première fois (je crois) chroniquer un livre que je n’ai pas réussi à terminer. Je pense pouvoir me le permettre, dans la mesure où j’ai cerné ce qui n’irait pas dans ce roman en en lisant à peine 10%. 17 pages.

Pourtant le scénario de départ m’attirait énormément. J’adore la mythologie grecque, un domaine pas si souvent exploité en urban fantasy. Clio, comme son nom l’indique, est une des neuf Muses et tient un rôle particulier qu’elle ne cerne pas encore. Elle découvre au fur et à mesure qu’une guerre se prépare, impliquant les Esprits Anciens dont elle fait partie, les Anges de Dieu et une troisième force incarnée par une mystérieuse et dangereuse Déesse céleste. Opposer les dieux de l’Olympe au Christianisme me semblait un défi intéressant et ambitieux. Peut-être trop.

Parce que, rapidement, j’ai perdu le fil. Chronologiquement, tout est très imprécis, tant et si bien que j’ai souvent du revenir en arrière dans ma lecture pour me replacer dans le temps. Quand les actions ou les protagonistes se croisent (car Clio n’est pas la seule à avoir des soucis), ça devient infernal, car les scènes arrivent sans prévenir et sans qu’on y retrouve une logique temporelle.

Et comme je l’ai dit dans une autre chronique, vérifier ce qu’on écrit éviterait de lire des horreurs, comme le fait de voir le soleil se lever à 6h30 du matin. En janvier.

Tout cela impacte forcément le déroulement du scénario. Les actions s’enchaînent, manquent de cohérence et de logique. C’est un peu comme un DVD qui « saute », vous privant d’un bout de l’action en cours. Vous vous dites qu’il manque quelque chose d’essentiel, mais que vous n’arriverez pas à récupérer.

Je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages. Ami lecteur, toi qui aime les héros forts et pleins de (sale) caractère, tu vas être servi ! Ils vivent tout intensément, en témoignent les points d’exclamations de plus en plus nombreux à mesure que le texte avance (et pas toujours justifiés). Clio s’énerve pour un rien, ou réagit en dépit de ce qu’on sait d’elle ou de sa façon de penser.  Et elle n’est pas la seule, personne ne maîtrise ses nerfs dans cette aventure et tout le monde est prêt à sauter à la gorge du voisin à la moindre occasion.

Une kyrielle de créatures plus ou moins humaines s’ajoutent d’ailleurs à l’histoire sans crier gare, sans que je n’arrive à comprendre le besoin de leur intervention, à part pourrir un peu la vie de l’héroïne. L’auteur les a inséré là impulsivement, genre « tu veux une pouffe ? POUF ! J’mets une pouffe ». De là à dire que certains servent de deus ex machina bien commodes pour débloquer ou enclencher une action…

Je pourrais continuer un moment, entre le fait que Clio soit une journaliste accomplie à 22 ans, des descriptions contradictoires des sentiments qu’elle éprouve, son utilisation bizarre de la magie. Je n’ai pas non plus compris en quoi la bête du Gévaudan, très présente dans ce que j’ai lu, était concernée par l’affaire. Mais je vais vraiment vous faire peur. Quelqu’un qui n’a lu que 40 pages d’un livre ne devrait pas être capable de faire une chronique si longue… si ?

Clio Kelly recèle un univers intéressant, mais est totalement gâché par une narration brouillonne au possible. La trame choisie perd tout son mystère à force de devoir réfléchir pour comprendre l’action.  Il se peut – et j’espère – que tout cela s’améliore par la suite mais la fin (que j’ai lue) ne me laisse pas beaucoup d’espoir. Et je n’ai pas le courage de reprendre ce livre pour le vérifier.

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