Les filles de Mr Darcy

Les filles de monsieur Darcyromance historique de Elizabeth Aston
Milady Romance (Pemberley) 2012
420 p./ 8.70 € (papier), 5.99 € (numérique sans DRM)

 ★★☆☆☆ 

Les cinq filles Darcy arrivent à Londres pour la Saison. Toutes de caractères différents elles vont être l’objet de tous les regards et les attentions, pour le meilleur et pour le pire.

Gossip Austen

Voici donc ma première lecture de chez Milady Romance. J’avais gagné le livre lors de la Garden Party organisée pour le lancement de la collection en mai dernier, mais je ne pouvais pas le lire, à cause de sa typo en taille 6 toute moisie. Profitant de l’opération Saint Valentin de cette année (berk), j’ai fini par l’acheter en numérique à 1€.

J’aurai pu m’en passer.

Vingt ans après Orgueils et Préjugés, Elisabeth Bennet et Fitzwillan Darcy partent en voyage diplomatique à Constantinople (aujourd’hui Istanbul, confiant 5 de leurs 7 enfants à leur cousin, Mr Fitzwillam : Laetitia (je devrais dire yeah mais non), Camilla, Isabelle dite Belle (ça me rappelle quelqu’un mais qui ?) et Georgina, les jumelles, et Alethéa. Elles vont découvrir la vie londonienne  les fêtes et les frivolités, mais aussi les pièges tendus par la bonne société avide de potins et de scandales.

Les filles Darcy sont les copies conformes de ce qu’étaient les soeurs Bennet. En pire. Seule Jane échappe à la caricature puisque Laetitia, l’ainée, est aussi pessimiste et moralisatrice que sa tante est optimiste et ne voit le mal nulle part. Camilla est comme sa mère en encore plus sensible. Georgina et Belle sont les reflets exagérés de Lydia et Kitty et Alathéa  cultive son côté érudit et musical comme Mary.

On retrouve des personnages déjà connus comme les Gardiner, et Caroline Bingley, devenue Lady Warren, toujours aussi froide et rancunière. Lydia fait également un retour fracassant, remariée à un homme riche et évoluant dans un milieu à la moralité douteuse.

Concrètement, mon enthousiasme du début est retombé assez vite. Autant j’étais ravie de voir les Darcy évoluer à Londres, autant je n’ai pas retrouvé l’ambiance austenienne qui caractérise Orgueils et Préjugés. Les soeurs n’évoluent que peu et reproduisent scrupuleusement les erreurs de leurs aînés  au point que je me suis demandé si c’était bien Elizabeth et Darcy qui les ont élevées. Elles sont insupportables de sottise et, bien-nées ou pas, je les aurai giflées plus d’une fois, ne serait-ce que pour leur remettre les idées à l’endroit.

Le texte fait la part belle à la romance, et c’est fort dommage. Les sentiments, le rapport au sexe et au plaisir est évoqué bien trop directement pour un hommage à Austen (savoir que Fitzwilliam honore sa femme Fanny presque à chaque fois qu’il la voit en chemise de nuit n’était pas un détail que j’avais besoin de savoir). Le vocabulaire,  sans être choquant, ne parvient pas à me plonger dans l’Angleterre de l’époque, tant il rappelle les romances du XXIème siècle.

Et enfin l’ambiance générale fait plus penser à Gossip Girl qu’autre chose. Les scandales succèdent aux coups bas dont les soeurs sont invariablement la cible. Trop de personnages animés de mauvaises intentions gravitent autour d’elles pour qu’elles aient même le temps d’apprendre de leurs bêtises et ceux qui tentent de les aider manquent de répondant. C’est trop, beaucoup trop même pour la bonne société de Londres.

Au final, les Filles de Monsieur Darcy est une déception qui n’a plus grand chose à voir avec Orgueils et préjugés. Entre potins croustillants et personnages fades, l’auteur a mis tellement de piment dans son texte qu’il a tué toute la saveur de l’ensemble. Je vous suggère fortement de vous en tenir au brillant texte de Jane Austen.

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