[Beuglante littéraire] La rentrée c’est deux fois par an (minimum)

Le monde de l’édition ne cessera jamais de me surprendre. J’ai appris un nouveau concept aujourd’hui.

La rentrée littéraire d’hiver. Merci à l’Express de m’avoir fait découvrir cette merveille du marketing inutile. Déjà que je m’énerve tous les ans à cause de celle de septembre…. Celle qui vous pourrit le paysage livresque, avec remise de prix, mélodrames d’auteurs, et éditeurs qui se frottent les mains. Enfin pas tous hein, mais bon, si je commence à chipoter.

Je pensais avoir une paix relative jusqu’au Salon du livre de Paris 2013, qui marque le coup d’envoi des pré-ventes pour la rentrée suivante.. Erreur fatale. Ça existe depuis quelques années, et j’aurais préféré rester dans l’ignorance. En gros, on prend les mêmes et on recommence. On y met un peu plus d’auteurs étrangers, un joli bandeau rouge et on étale sur les tables des libraires. On ne donne pas de prix littéraires mais c’est pas grave. Ah, mais avant, on annonce le chiffre.

Des romans contemporains entourés de leurs rubans marketing

Tête de gondole banale dans une grande librarie…

Vous savez CE chiffre.

Fin juin, 646 livres étaient annoncés. Cette fois, c’est 525.

Je peux pousser la symbolique bancale en disant que ça fait 1171 au total..

Je n’ai même plus la force de m’offusquer d’une telle somme, je sais pertinemment que personne dans la blogosphère ne lira tout ça. Et je ne parle pas des  critiques littéraire qui eux, sont bien payés pour le faire. Nous nous retrouverons avec les mêmes auteurs chouchous des ventes, deux ou trois illustres inconnus propulsés par le hasard et un immense néant médiatique pour les autres.

Le plus agaçant c’est ce concept même de rentrée d’hiver.  Cette impression que sans ce support marketing, rien, absolument rien ne se vendrait. On en est arrivé à un point où même les Américains nous envient et rêvent de reproduire le schéma chez eux.

Pour moi,  cette impression d’être « hors du coup » est toujours aussi présente. Cette opération ne correspond pas au paysage littéraire français. Sauf si ce paysage n’est fait que de littérature contemporaine.

Vous pouvez dire « elle râle parce qu’elle n’aime pas le contemporain. Et c’est vrai, je n’aime pas ça, mais je respecte le choix et le goût des gens. Cependant, m’imposer dans les médias un type bien précis d’écriture en m’assurant qu’il est le meilleur, le seul qui vaille la peine qui se décarcasse à lui créer des événements uniquement en lien avec une saison, et non un festival ou un salon, je trouve ça prodigieusement crispant.

 Pour moi, la littérature contemporaine n’en parait que plus éphémère, bien moins tangible que tout ce que j’ai pu lire (SFFF, BD, polar, jeunesse, YA) pour lesquels des événements aussi ponctuels que rassembleurs existent. Même si ces genres sont bien moins considérés, je les sens bien plus ancrés dans la réalité de leurs lectorats. Un comble non ?

Je peux me tromper, bien entendu. Mais pour moi, cette rentrée littéraire d’hiver a plus un relent du fuite en avant que de véritable ambition d’innocer.

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