Soleil vert

Affiche Soleil vertFilm d’anticipation de Richard Fletcher
Avec Charlton Heston, Edward G Robinson, Leigh Taylor-Young
D’après la nouvelle de Harry Harrisson
MGM, 1973
1h35

 ★★★★½ 

 

En 2022, les hommes ont épuisé toutes les ressources naturelles et pollué la planète. Seul le Soleil vert, une pastille miracle permet de nourrir cette population miséreuse et sous la coupe d’un état policier. Robert Thorn, un inspecteur, est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un homme riche. Ses investigations vont le mener au-delà de l’horreur…

Agonie

Je ressors quelque peu traumatisée de ma confrontation avec Soleil vert ; de ce film, je n’avais vu que des extraits, j’en connaissais déjà le terrible dénouement, mais il me fallait le voir pour en comprendre toute la portée. C’est fait, ça vaut le détour, même si c’est extrêmement dérangeant.

Ce film d’anticipation (ou dystopie, selon le terme à la mode en ce moment), se déroule à New York en 2022. Ressources et matières premières ont été dilapidées et les hommes survivent grâce à la débrouille et aux Soleils, ces pastilles très nutritives vendues à prix d’or par la compagnie Soylent.

Thorn, inspecteur d’élite de la police, n’a jamais connu « le temps d’avant », celui de la surabondance, comme le lui décrit inlassablement son ami Sol, bibliothécaire et indic pour la police. Les légumes frais, la viande, l’eau chaude et l’air conditionné, sont des luxes réservés aux riches, ce qui se confirmera chez Simonson, un homme d’affaire influent, mort chez lui. Thorn détermine rapidement qu’il s’agit d’un assassinat et commence à remonter la piste.

Au début, on découvre ce monde décadent comme un documentaire télé. Les pauvres vivent dans des dispensaires ou dans des cages d »escaliers. La police, aussi omnipotente que Soylent, la compagnie agro-alimentaire, fait la loi, à grands coups de « dégageuses » pour disperser une émeute. Thorn, aussi doué soit-il, n’hésite pas à dérober des objets de valeur dès qu’il en voit. La façon dont Sol et lui découvrent ou redécouvrent des choses aussi simples pour nous que le goût de la tomate ou l’alcool prête presque à sourire. De vrais gamins dans un magasin de jouets à Noel.

Les inégalités vous reviennent néanmoins avec force au visage et la tension va crescendo, entre petites magouilles, « mobilier » humain et méthodes brutales. L’enquête pour meurtre mène Thorn bien plus loin qu’il ne le pensait. Les vérités qu’il découvre s’abattent sur lui comme un rouleau compresseur téléguidé et implacable.

Le film fait un peu daté à présent. La patte années soixante-dix est visible, tant dans la déco que les vêtements. Les filtres qui donnent au ciel cette couleur vert-jaune, signe de pollution, fait aussi un peu cheap.

Mais ça reste un film à voir, tant pour le jeu de Charlton Heston que pour l’ambiance prophétique du film. Sa fin, aussi ouverte qu’abrupte, m’a bien faite enrager.

Qui sait ce qui se passera dans dix ans….

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