[La Beuglante] Les livres et la pub : Mensonge !

Rien ne m’agace plus que la pub sur le web. C’est envahissant et ça nuit à la concentration. Même si je suis le « cœur de cible » et même si elle est faite spécialement pour le site que je vais visiter. En fait, je suis (presque) devenue imperméable à la pub, je peux l’occulter quand je veux. Ou la regarder d’un air parfaitement blasé.

Cet après midi par exemple, j’étais sur le site d’Electre, un de mes outils pour bosser. Et sur la page d’accueil, il y avait ça :

Qu’est ce qui peut autant m’énerver alors que je ne connaissais pas les éditions Pascal Galodé jusqu’à présent ? Allons, faites un effort, je suis sûre que ça va venir. Non ? Bon, je vous aide :

Outre la construction un poil bancale de la phrase – aux dernières nouvelles, Harry est un garçon la plupart du temps – pourquoi chercher à comparer une œuvre nouvellement parue à un best-seller  enraciné dans le paysage littéraire ?

Je peux comprendre l’idée de l’accroche de pub. Un livre est fait pour être lu, et pour ça, il doit être vendu. Autant se montrer percutant tout de suite en disant ce que le récit va potentiellement contenir. Or magie, sorciers, prophétie et livre d’initiation se résument en deux mots : Harry Potter.

Sauf que quand on lit la quatrième de couverture, on se rend compte qu’on est assez loin de l’univers d’un enfant dans une école de sorciers. Et je n’ai pas lu la quatrième tout de suite. Oh non, j’ai d’abord bien pris le temps de m’énerver après cet éditeur qui, jouant la carte de la sûreté mensongère, a non seulement collé une étiquette à son ouvrage, mais avoue son incapacité à le vendre avec les qualités qui lui sont propres, sans faire référence à une autre œuvre.

Il n’est pas le seul. Juste pour faire dans le « plus connu » voici la quatrième de couverture de Starters, paru il y a quelques mois chez Robert Laffont (Collection R) :

Je ne suis pas hypocrite : en comité de lecture ou pour renseigner un lecteur,  il m’est arrivé de dire que « ce livre ressemble à ça » en citant un ouvrage que j’ai déjà lu et qui m’a plu. J’ai alors un peu plus de temps pour dire quelles sont les différences entre eux et à la fin de mon explication, chaque livre aura retrouvé ses spécificités et ce qui fait de lui une œuvre unique. A charge à mes collègues ou au lecteur de décider si ce nouveau livre vaudra la peine d’être lu.

Mais quand au dos d’une couverture, ou sur une pub, on m’annonce un énième Harry Potter-like, j’ai l’impression qu’on essaie de me tromper, de me voler. Je ne veux pas lire une histoire qui ressemble à celle de J.K. Rowling,j’ai déjà l’originale, merci.

Je peux accepter de lire encore une aventure de sorciers, de vampires, d’amour ou d’enquête policière. Les ressorts narratifs peuvent être les mêmes (et le sont souvent), tant que je percevrais l’originalité que l’auteur a voulu y mettre, ça ne me dérangera pas de revoir le même type de héros.

Mais ne me vendez pas un livre comme étant héritier d’un autre..Parce que je vais rechercher la sensation que j’ai eue, comme une droguée sa came, et que je vais faire le plus méchant bad trip de mon existence. Soit l’auteur passera pour un feignant à mes yeux parce qu’il n’aura fait que reprendre un univers en changeant à peine quelques détails, soit, si les différences entre les deux univers sont quand même évidentes, je me dirais qu’il a fait moins bien, ou trop éloigné que son illustre prédécesseur, tout ça parce que j’aurai cette comparaison ridicule en tête, cet imaginaire déjà existant qu’on m’impose.

Occulter ? Oui je pourrais évacuer de mon esprit ces accroches inutiles et savourer un livre dans son intégrité et sa spécificité. Mais puisqu’il faut me le vendre, j’aimerai y voir ses qualités et non plus une resucée.

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