[Beuglante numérique] Cravates grises, DRM et crise de nerfs. Acte 1

Depuis quelques temps déjà, le livre Fifty shades of Grey de E.L. James fait parler de lui. Ne mentez pas, vous en avez entendu des choses sur ce « porno pour mamans » sorti il y a quelques mois outre-Atlantique. Où quand un homme obsédé par le gris s’emploie à dominer une demoiselle naïve au possible, le tout en mode SM.

Là, ça vous revient ? Parce que je me suis dis que je le irai bien.

La chronique de Cécile, associée à la vidéo hilarante d’Ellen Degeneres lisant un passage du livre ont achevé de me convaincre. Le livre semble avoir ses défauts, mais je suis très curieuse de savoir ce qui émeut tant les lectrices américaines.

 Initialement, acquérir ce livre aurait représenter d’autres objectifs :

  • Me lancer vraiment dans de la lecture en VO.
  • Ne pas être une vache à lait sur ce coup. La version traduite sort en France fin septembre à 17 €, alors qu’aux États-Unis, elle est vendue 11. Et la version numérique 6 €.

Donc voila, ce matin, j’allume ma machine adorée et je m’en vais à la chasse à l’epub.

Pas de nuance

Petit souci. Le livre est indisponible sur mes plates-formes numériques préférés. Feedbooks, Immatériel, Numilog, personne ne l’a… En soi, j’aurai du m’inquiéter, rien qu’un peu. Au final, je ne le trouve qu’à deux endroits : Amazon et Itunes Store.

Je n’ai pas de soucis avec ces deux supports, même si leurs envies d’hégémonie peut me rendre un peu nerveuse. Et puis j’ai vraiment envie de ce livre. Comme en plus, j’ai envie d’un album de Vocaloïd, j’ouvre Itunes.

Le livre est bien là, un peu plus cher que sur Amazon;, mais bon… pas envie de chipoter. En plus je vais être en retard au travail, j’ai juste le temps de le télécharger et de le transférer dans ma liseuse.

Du gris SM au noir DRM

Mon compte allégé de 6.49 € et mon disque dur alourdi d’un fichier de 1.2 MO, je branche ma liseuse Sony sur mon ordinateur. Sony Reader s’ouvre tout seul comme un grand, je n’ai qu’à aller chercher le fichier et le transférer dans la liseuse, tout ça en finissant de m’habiller. Tranquille.

15 minutes plus tard, le fichier est toujours « en core de traitement ». Au bout de 45 minutes, je dois me rendre à l’évidence : en plus d’être vachement en retard, je n’aurai pas mon exemplaire de Fifty shades.

Envie de hurler.

Où s’exprime le mieux la rage et l’énervement quand on échoue dans une tâche aussi simple que de copier-coller un fichier d’un disque dur à un autre disque dur ? Sur les réseaux sociaux !

Je n’ai pas eu longtemps à attendre. Déjà j’ai eu la réponse à la question redouté. Oui, Fifty Shades of Grey continent des DRM.

Merde.

En y réfléchissant, je me dis maintenant que c’est évident. Un fichier disponible chez les amateurs du verrouillage numérique, ça ne pouvait pas rater. Mais bon sang, j’aurai aimé être PRÉVENUE ! C’est pas plus con que de connaitre la composition de mes vêtements.

Ben non, sournoisement, par flemme, ou parce qu’il est le roi de la montagne, Apple a décidé de ne pas préciser s’il y avait des DRM dans ce qu’il vend. Amazon fait pareil d’ailleurs.

En attendant, je me retrouve avec un livre illisible sur ma liseuse adorée.

Entre temps je suis partie au boulot.

Le temps de faire le trajet, des messages de mes amis, fans et twittos m’étaient parvenus. Certains m’ont donné des solutions pour contourner le souci, d’autres m’ont carrément offert de m’envoyer le livre, obtenu de façon plis ou moins légale…

Pour l’instant je n’ai rien décidé. Je suis juste énervée.

Énervée de ne pas pouvoir utiliser un livre numérique que j’ai payé où, quand et comme je veux. Énervée de devoir demander de l’aide, et de me dire qu’en rentrant je chercherais certainement une méthode « cracker les DRM pour les nuls ».

Énervée de me dire que malgré mes efforts pour ne plus pirater sans logique ni raison, juste parce que « c’est cool d’avoir le truc avant tout le monde », je vais me transformer en pirate. Et que je le ferai sans aucun scrupule parce qu’en plus de me prendre pour une vache à lait, on m’a prise pour une conne.

Si Adobe (parce qu’au final c’est de SA FAUTE si j’en suis là) venait à me chercher des noises, je lui répondrais qu’il n’avait qu’à assurer le service après-vente. Mon Sony PRS-350 n’est pas encore assez obsolète pour qu’on le néglige, et je n’irai pas acheter un Kindle rien que pour la belle gueule de Monsieur DRM..

A suivre….

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