[Beuglante de bib] Je ne suis pas Super-Nanny.

Vous l’avez forcément vécu.

Dans un magasin / un lieu puiblic / à Disneyland (rayez la mention inutile).

Ca vous a consternés, parfois vous êtes intervenus, parfois non, même si l’envie vous a démangé.

C’est arrivé, que vous ayez ou non des enfants. D’ailleurs c’est toujours à cause d’eux.

L’ENFANT-ROI

En bossant dans un lieu public, difficile d’y échapper. Au moins une fois par semaine, un enfant repart en larmes de ne pas avoir obtenu ce qu’il désire. Et ce qu’il désire n’est pas toujours un bien culturel. Difficile également d’échapper à ses parents, qui gênés, en colère ou simplement passifs ne font qu’empirer une situation devenue déjà compliquée.

Rassurez-vous chers parents-lecteurs, je ne vais pas me lancer dans un laïus sur la façon d’éduquer vos enfants. Mais je tiens à vous rappeler que votre méthode à des conséquences, directement visibles dès que vous vous décidez à confronter votre rejeton à cet environnement qu’est le monde extérieur.

Ce monde extérieur qui vous fait penser que vous êtes absolument libre de faire ce que vous voulez en vous appuyant sur MON autorité tout en vous déchargeant de toute responsabilité.

Ne rêvez pas chers parents. Je ne suis pas Super-Nanny.

Ce serait trop facile de dire que mon rôle ne se borne qu’à vous donner des livres et des conseils. Ce n’est pas vrai et vous le savez. Parfois, je dois écouter, consoler, trouver un mouchoir, emmener aux toilettes et plus rarement, effacer des traces d’accidents gastriques. Pas grave, ce ne sont que des enfants. Ils ne maîtrisent pas leur environnement, ils apprennent. Je peux leur dire de faire attention, je sais que vous, parents, vous excuserez de la gène occasionnée, et reparlerez de ce qui est arrivé avec votre enfant, tranquillement, une fois rentrés chez vous. Fin de l’histoire. Je n’ai fait que mon travail.

« Mon » travail.

Je ne me substitue pas au vôtre. Je pourrais. J’ai été élevée à l’africaine, là où l’enfant de l’un est l’enfant de tous et où l’enseignement des principes de vie peut se faire par tous, sous peine d’une sacrée punition. Il m’arrive de le faire  quand l’un de vos bambins « si trognon » , « si éveillé », « si sage » décide de se faire une ascension des étagères par la face nord ou de vérifier s’il peut battre le record de Usain Bolt en hurlant. Bref qu’il se met en danger.

Je l’ai déjà fait, quand vous, mesdames, teniez salon de thé, gratifiant d’un regard gaga votre gamin en train de déchirer un livre, ou quand vous messieurs, partez en quête du dernier DVD en vogue, me confiant sans me le dire votre progéniture désemparée. Cliché ? Non, véridique.

Je ne le referais pas.

Pas si c’est pour subir vos éclats de mère blessée et outragée que j’ai osé levé la voix sur la chair de votre chair, qui, soit dit en passant repartira avec une bosse de la taille d’une balle de tennis après s’être pris une étagère en pleine figure alors que je lui ai dit de ne plus courir.

Et surtout pas si c’est pour sentir que vous me refiler sournoisement votre fardeau, sous prétexte que je représente une quelconque autorité en tant qu’agent de la fonction publique. Vous avez signé un contrat, autant en assurant votre descendance qu’en prenant une carte d’adhérant. Vous savez, ce truc marqué en petit en bas de page « vous êtes responsables de vos enfants ».

Me lancer des regards appuyés parce que vous ne gérez plus les caprices de votre gamin et que vous espérez qu’une nana à la grosse voix (moi au hasard) se lèvera pour le gronder, ce n’est pas mon travail. Je ne gère pas les futurs cas sociaux que deviendront vos enfants-rois. Me dire que vous préférez que ce soit moi qui l’engueule « parce qu’avec vous ça ne marche pas » m’attère  et me donne envie de vous remettre les idées en place à vous, et pas à vos enfants.

Travailler en espace jeunesse implique une grande tolérance au bruit, aux bêtises, faites ou entendues. Mais  à moins que vous soyez absents, me substituer à votre autorité parentale ne vous rendra pas service, ni à vous enfants.

Eux ils apprennent. A vous de leur apprendre.

PS : ne venez pas troller sous prétexte que je n’ai pas d’enfants. J’en ai connu et vu assez pour en saisir les grands principes. C’est à vous d’affiner.

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