[Ciné] Sur la piste du Marsupilami

Dan Geraldo, un journaliste en perte d’audience est sommé de se rendre en Palombie pour en rapporter un scoop d’enfer. Il est assisté par Pablito, un escroc à la petite semaine. Pendant ce temps, un botaniste découvre une nouvelle espèce d’orchidée, fleur que recherche justement une étrange créature jaune à taches noires et à longue queue…

Franquin que t’ont-ils fait !

Une seule raison m’a poussée à sortir de ma tanière pour aller voir ce film que je savais d’avance perdu pour la cause : il y avait un catcheur dedans, je suis fan de catch, donc je voulais savoir ce que valait un catcheur dans un film. Oui c’est une raison idiote étant donnée qu’il ne m’a pas fallu cinq séances de Catch Attack sur NT1 pour comprendre que le potentiel d’un catcheur dans un film était proche de zéro. Mais vous le savez, je suis maso. Et j’ai une carte UGC.

Quand j’ai vu la bande annonce, j’ai su que ça partirait en sucette, quand j’ai vu les critiques plus qu’élogieuses de la part de magazines réputés pour avoir la dent dure (Première, Télérama ou Mad Movies), j’ai flairé un gros problème. Je n’aime pas qu’on me survende un truc. Je suis très bon public (limite bonne poire), mais autant les Américains savent survendre et ça passerait presque comme une lettre à la poste autant les Français en font toujours trop et pas de la bonne façon.

En fait, mon sentiment à propos de ce film est une grande frustration. Il faut croire que jamais ô grand jamais, un français ne sera capable de faire une adaptation correcte de l’univers riche de la bande dessinée franco-belge.  Tout de suite, il y a une surenchère inutile, comme pour une super production américaine. Sauf que les Ricains savent emballer dans un joli paquet cadeau en saupoudrant le tout de poussière de fée, de sorte que même si le spectateur sait ce qu’il y a dedans, en général il est content de l’ouvrir. Je n’ai pas ce sentiment avec une production française, surtout une adaptation. On embauche des acteurs parmi les plus en vu et basta, on tourne. Qu’on retrouve peu ou prou l’atmosphère visuelle et le scénario de l’oeuvre originale ne semble pas avoir d’importance. La liste de noms prestigieux suffit à rameuter du monde. Peu importe que le résultat soit tiède et sans saveur.

Le film est une succession de blagues potaches, certaines très en dessous de la ceinture et que les parents ont du mal à expliquer aux enfants (entendre l’explication de pourquoi un chihuahua viole l’oreille droite de Jamel Debbouze a été l’un des moments cultes de mon passage en salle). Les deux personnages principaux se soutiennent dans leurs bêtises et s’enfoncent au delà de ce qu’il est possible de faire dans ce qui aurait  du être une bonne adaptation de bande dessinée. En effet, le Marsupilami fait parti des personnages les plus emblématiques du neuvième art, aux côtés de Tintin et Lucky Luke.

Parlons en du Marsu ! Trop pelucheux à mon gout, il a plus de poils que ce que la BD laissait voir et m’a beaucoup déçue même s’il est bien animé. En fait, le pantin articulé qu’on voit au tout début du film est plus ressemblant que l’autre. Cherchez l’erreur.

Le jeu d’acteur est franchement bas. C’est bien gentil de mettre une brochette de stars, comme souvent dans ce type d’adaptation, mais quand ils sont loin de leurs rôles, ça ne sert à rien. Ah, je ne l’ai pas dit mais le catcheur qui m’a fait me déplacer s’appelle The Great Khali, un indien de 2m10 costaud comme tout, à qui Chabat a collé une voix trafiquée à l’hélium du plus mauvais effet. C’était juste navrant, et pas assez convaincant. J’au souri parfois (Lambert Wilson chantant sur du Céline Dion) mais c’est tout.

Le scénario est digne des adaptations en dessins animés qu’il y a eu de l’animal à taches. Autrement dit, 25 minutes auraient largement suffi au lieu d’1h45 de souffrance. Le pire dans tout ça, c’est que puisque j’étais la seule à ne pas rigoler comme une perdue pendant le film, je me suis sérieusement mise à douter de l’existence d’un sens de l’humour chez moi.

Alain Chabat a sans doute fait de bons films. Mais qu’on ne vienne pas me dire qu’Alain Chabat est un grand réalisateur. J’ai des poupées vaudou chez moi et je sais m’en servir. Ce Marsupilami là est une chose que je ne voudrais pas faire voir même à mon pire ennemi. Il serait capable d’aimer.

Pour faire court : Rêve brisé

Pour qui ? Ceux qui aiment sentir leur cerveau fuir et ne jamais revenir

Si je veux la suite : j’aimerai que Franquin ressuscite et entraîne dans la tombe le prochain réalisateur qui y pensera.

Tu l’as vu comment ? J’ai évité la 3D.

 ★☆☆☆☆ 

Sur la piste du Marsupilami 

Comédie (sic) de Alain Chabat, avec Alain Chabat et Jamel Debbouze

D’après l’oeuvre de Franquin.

Pathé

Sorti le 4 avril 2012

Vu le 7 mai 2012

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *