[Ciné] Moonrise Kingdom

Été 1965 sur une île de Nouvelle-Angleterre. Sam fugue du camp des scouts Kaki. Suzy fugue de chez elle. Ils ont 12 ans et sont amoureux. Alors que la communauté se met à leur recherche, une tempête approche, précipitant encore les évènements.

C’est le temps de l’amour

Si je n’avais pas été voir Dark Shadows, je pense que je serai passée à côté de ce film à la bande annonce totalement barrée au montage rapide et échevelé. En plus, le film fait l’ouverture du festival de Cannes de cette année. Or sans totalement snober cet évènement, je l’ai toujours trouvé bien trop sérieux dans sa sélection. Moonrise Kingdom sera sans doute l’un des rares à échapper à cet aspect.

Ce qui saute aux yeux dès le début du film, ce sont les lignes. Hoizontales, elles guident le regard et la caméra en de longs travellings, à peine perturbés par les déplacements des personnages. Les moulures, les murs, les meubles, les marches d’escaliers, l’herbe, la ligne d’horizon, tout semble délimiter la vie bien rangée de ces êtres. Rien ne dépasse. Rien ne doit dépasser ?

Suzy passe son temps à observer à la jumelle le monde au delà de sa maison, semblant chercher un moyen de fuir. Définie comme une enfant difficile psychologiquement, elle porte sur son entourage un regard acéré. Sam a été envoyé en camp de scout mais n’y est pas très populaire. Leur rencontre est aussi soudaine qu’improbable. Leur pacte d’amour va se faire d’abord par des lettres où ils se racontent puis par une promesse de fuit ensemble, aussitôt concrétisée.

La recherche des fugueurs est un bon prétexte pour faire craquer le vernis  de la respectabilité. Les parents de Suzy se fuient même si la mère maintient une autorité ferme sur sa famille. Quand au chef du camp scout (Edward Norton) et aux gamins dont il a la charge, le premier cache un certain manque de confiance en lui et les seconds se montrent bien trop heureux de faire une battue pour mettre une correction à Sam. Des rôles que les acteurs interprètent avec une jubilation perceptible.

Peu à peu, une folie douce s’empare de l’île et de ses habitants (assez comparable à celle de Fantastic M. Fox, du même réalisateur), jamais confrontés à une chose de ce genre. Commence un jeu de piste dans des paysages colorés et dont les lignes horizontales se dissipent peu à peu. Même si un semblant de contrôle finit par revenir, tout est finalement balayé par un chaos inouï qui achèvera de tout changer. Jusqu’au bout j’ai adoré suivre les enfants, les seuls personnages à savoir ce dont ils avaient envie. Bien sûr ils sont maladroits et ne maîtrisent pas toutes les règles de l’amour, mais c’était tellement rafraîchissant que j’en reprendrais volontiers.

Une mention spéciale à Bruce Willis. J’ai été agréablement surprise par son interprétation de flic un peu désabusé et pourtant à l’écoute. Je le préfère dans ce type de rôle, un peu plus dans le sentiment.

Moonrise Kingdom c’est le truc frais et inattendu. Certains pourraient trouvé ça lent et sans intérêt. Moi, je lui trouve un charme fou grâce à la petite pointe de nostalgie et d’innocence qu’il dégage, encore rehaussée par une bande son savoureuse.

Au fait, si vous allez le voir, rester jusqu’au bout du générique de fin :)

Pour faire court : sentiments (oubliez la raison)

Pour qui ? A partir de 12 ans. Et les romantiques

Tu l’as vu comment ? en VO

 ★★★★☆ 

Moonrise kingdom

Comédie dramatique de Wes Anderson

avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray…

Studia Canal 2012

1h34

Sorti le 15 mai 2012

Vu le 17 mai 2012

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