[Conte] [Challenge] Blanche neige contre Blanche-Neige et les 7 Nains

Le challenge ‘la face cachée de Disney (LFCD) implique de lire toute ou partie de l’oeuvre littéraire qui a inspiré le célèbre studio pour ses moyens et longs métrages. Plus de renseignements ici.

Blanche Neige, princesse d’une grande beauté a été réduite à l’état de servante à cause de la jalousie de la reine qui tient à rester la plus belle de toutes. Quand le miroir magique qu’elle possède annonce que la jeune fille la dépasse en beauté, la souveraine veut la faire tuer par son chasseur. Désespérée, la princesse fuit dans les bois…

Un jour…

Blanche Neige c’est le premier long métrage de Walt Disney. Auparavant, le maître avait amorcé son succès avec ses personnages de cartoons tel Mickey, Donald et les autres.

Blanche Neige, c’est aussi un conte que je n’ai pas énormément apprécié étant petite (faite vous appeler comme ça quand vous êtes albinos, pendant tout le collège et on en reparlera). Je ne l’ai redécouvert que récemment, en m’achetant le DVD collector.

Ah, le charme de l’animation entièrement faite à la main… On sent le talent et la patience des dessinateurs dans ce film, ainsi que toutes les expériences menées par le réalisateur, perfectionniste au possible. Un sens du détail qui fait que malgré tout ce temps, le film n’a pas vraiment vieilli à mes yeux. Il reste très beau.

Du conte au film

Le film pose les jalons de ce que seront les adaptations de contes par les studios Disney. En effet, même s’il suit la trame du conte original, il en gomme plusieurs éléments qui le rendrait bien plus long. De plus, Walt Disney a « abaissé » le niveau de dureté du conte. En effet, comme bon nombre d’histoires écrites par Grimm ou Andersen, Blanche Neige s’adressait plutôt aux adultes, notamment à cause de leurs fins parfois tragiques, ou d’éléments de l’histoire aussi durs à vivre pour le protagoniste que pour le méchant.

Ainsi, dans sa version originale, Blanche Neige est victime de deux tentatives d’assassinat par la méchante reine avant que la pomme empoisonnée n’entre en jeu. De plus, ce n’est pas le prince qui la réveille d’un baiser, ça arrive totalement par accident. Et enfin, la reine ne meurt pas en tombant d’une falaise mais après avoir été condamnée à danser au mariage de sa belle-fille chaussée de souliers de fer chauffés au rouge. Exit également les origines des particularités physiques de la princesse, cheveux noirs comme l’ébène, peau blanche comme la neige et lèvres rouges comme le sang, comme le souhaitait sa mère un après-midi d’hiver.

Made in Disney

Comme je l’ai dit, Blanche Neige et les Sept Nains pose les bases des futures adaptations de contes. Dans le désordre, on retrouve les animaux mascottes ; la princesse n’en a pas un défini, tous les animaux de la forêt sont ses amis, sa belle-mère par contre héberge un corbeau qui observe tous ses faits et gestes quand elle prépare la pommes empoisonnée. Les chansons ensuite, qui rythment le film (on aime ou pas, mais elles s’impriment assez facilement dans la tête). Et la modification, plus ou moins profonde de l’histoire et surtout de la fin.

L’effet pervers a quand même été que jusqu’à ce que je relise l’histoire, j’étais persuadée que le conte se terminait sur la chute de la reine et le réveil de la princesse par un baiser. Un effet qui se remarque encore aujourd’hui sur les plus jeunes, persuadés que la version Disney est la vraie.

Un conte anti-féministe ?

Difficile de ne pas évoquer le sujet, parce qu’il revient à chaque fois. A titre personnel, savoir que l’histoire est l’incarnation d’une femme passive dans l’attente de l’homme, travailleuse et sachant tenir une maison ne me fait ni chaud ni froid. Je replace simplement le récit dans son contexte historique, à savoir que l’histoire écrite par deux hommes, les frères Grimm, date du début du 19ème siècle, et que Walt Disney était un conservateur acharné de certaines traditions concernant le comportement de la femme vis à vis de l’homme. Alors oui, on peut râler que Blanche Neige doive faire le ménage pour rester chez les nains, et que dans le film,elle adopte une attitude plus maternelle que femme vis à vis de son entourage, je mets ça sur les moeurs de l’époque. On peut les rediscuter à loisir, mais les choses se passaient ainsi.

Pour finir

Les deux versions de l’histoire ont leurs charme. Le conte pose les bases, mais reste tout de même très flou dut plusieurs points (comme le non des nains) ce qui donne toute latitude à Disney pour agir. C’est une jolie histoire avec un joli happy end. C’est tout de même amusant de se rendre compte que l’histoire est assez courte au final.

Blanche Neige

Conte écrit par les frères Grimm, d’après une légende germanique

Film d’animation réalisé par Davif Hand et produit par Walt Disney

Buena Vista Pictures,  1937

1h23

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