[Film] Time Out

Dans le futur, la race humaine cesse de vieillir dès l’âge de 25 ans. Dans le futur, le temps est devenu une monnaie d’échange, supplantant l’argent. Incrusté sur le bras, une montre compte à rebours le temps qu’il reste à un homme avant de cesser de vivre. Alors que les riches disposent de centaines, voire de milliers d’années devant eux, les pauvre courent pour grappiller les minutes qui les tiendront éloignés de la mort. Quand un homme fait don de plus de cent ans à Will Salas avant de se suicider, celui-ci voit une foule de perspectives s’ouvrir devant lui.

L’argent c’est du temps

Pour une raison obscure, j’étais persuadée que Time Out était tiré d’une nouvelle. En effet, le synopsis était tellement proche des histoires de Philip K. Dick (Minority Report) que j’étais déçue de me rendre compte qu’il n’en était rien. Déçue et en même temps contente car Andrew Niccol est une réalisateur que j’aime beaucoup, pour avoir fait des films comme The Truman Show et Bienvenue à Gattaca, un de mes préférés.

Mais avant de commencer ma chronique, j’ai un coup de gueule à pousser.

POURQUOI ! Pourquoi grand Dieu le distributeur français du film s’est-il senti obligé d’en modifier le titre ! Aux USA, le film s’appelle In Time – Dans les temps. Et en France, ça devient Time out – Hors du temps limite. Déjà, traduire un titre anglais par un autre, je ne perçois pas l’intérêt, mais en changer pour un à la signification diamétralement opposée, ça craint carrément. Mention spéciale pour les Québécois qui eux, ont traduit le titre littéralement ; En temps. Eux et leur refus presque absurde des anglicismes…

Dans cette dystopie, tout se paie en temps. Le loyer, la nourriture, le bus, les distractions. Ne plus avoir de temps signifie la mort. Le temps est devenu l’argent du monde : on trafique pour en grappiller un peu, on l’emprunte, on le vole, on le gagne, comme Will Salas, difficilement parce que le coùt de la vie ne fait qu’augmenter.  J’ai bien aimé cette idée de faire du temps la nouvelle valeur monétaire de ce monde. On peut vivre – au sens littéral du terme – sans argent, sans travail. Sans temps, c’est une autre affaire. Malheureusement, le scénario n’explique pas assez comment on en est arrivé à créer ce système d’humains éternellement jeunes et dont la limite face au temps peut être variable. On en comprend la raison, mais pas forcément les motivations. De même, si les pauvres ont très peu de temps devant eux (moins d’une semaine en général), comment les riches ont-ils pu en obtenir autant ? La Bourse ou le fait d’être un grand entrepreneur n’explique pas tout.

Le fait que la population pauvre comme riche arbore une éternelle jeunesse met mal à l’aise. Difficile de croire que la mère de Will a 50 ans quand elle arbore un visage sans rides. Et que dire de la scène où Will, invité à une soirée privée chez les Weis, la plus riche famille des environs, se fait successivement présenter la belle-mère, la mère et la fille, toutes ressemblant à des gravures de mode dans la fleur de l’âge. C’est juste flippant.

Dans Time Out, il y a Justin Timberlake. Je commence à m’habituer à le voir autrement que comme chanteur courant après Britney en  poussant des petits cris comme Michael Jackson.  Il a acquis une voix grave et à défaut d’être totalement dedans, il a le mérite d’être assez convaincant dans son rôle de révolté contre le système. Quant à Amanda Seyfried, la coupe courte au carré avec la frange au-dessus des yeux lui va plutôt bien. Très différente de la Valérie du Chaperon rouge. Elle aussi assume assez bien son côté gosse de riche en pleine révolte, et sa confrontation avec la dure réalité est assez bien interprétée. J’ai un petit faible pour le Garde Temps, très investi dans son personnage intégre et presque trop rigide. Pourtant il se dégage de l’ensemble des interprètes une impression de tiédeur persistante. Les sentiments et émotions des personnages auraient gagné à être plus exacerbés, surtout au vu du monde dans lequel ils vivent.

Visuellement, le film est bien moins futuriste que ce que promet sa bande annonce. Dayton, la Zone Temps dans laquelle vit Will ressemble à n’importe quelle banlieue sensible en Occident. Et New Greenwich a n’importe quel quartier bourgeois, un petit effet architectural en plus. A part les treize chiffres incrustés dans la peau et qui brillent comme un réveil matin (je trouve qu’ils rendent plutôt bien) et le brut distinctif de moteurs de voitures de nouvelle génération, il n’y a rien de transcendant. Un peu de fond vert pour recréer des bâtiments inexistants dans la réalité et le tour est joué.

 Il reste tout de même beaucoup de zones d’ombre. Le Garde Temps, sorte d’inspecteur de police en charge de surveiller les mouvements temporels, évoque le père de Will, mais sans entrer dans les détails ce qui est frustrant, car il semble avoir eu un rôle important. Et il manque ces passages sur le système de fonctionnement du monde, qui auraient pu nous le rendre plus intéressant. Je pense qu’Andrew Niccol aurait dû écrire le livre, avant d’en faire le film, car il aurait mieux dégagé les axes et les grands thèmes de son univers pourtant si visionnaire.

Malgré sa fin convenue et ses bons sentiments, Time out fait tout de même froid dans le dos. La manipulation génétique humaine et ce qui en découle fait réfléchir quant à nos propres valeurs et notre rapport à l’argent, mais aussi à la vie elle-même. J’ai passé un bon moment, et même s’il est en dessous de ce que j’attendais, je recommande tout de même d’aller le voir.

Pour faire court : Time is running out

Pour qui ? les amateurs de SF dystopique. Ca pourrait très bien arrivé

Si je veux la suite ? Je voudrais un livre pour mieux développer l’histoire

Tu l’as vu comment ? En VO

 ★★½☆☆ 

Time Out / Dystopie temporelle de Andrew Niccol

Avec Amanda Seyfried, Justin Timberlake…

Twentieth Century Fox

Sorti le 16 novembre 2011

Vu le 17 novembre 2011

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