[BD] La rage. Tome 1 : Amina

Suite à une épidémie virale, les enfants sont devenus des tueurs, s’en prenant à toute personne adulte pour les tuer.  L’humanité balance entre protéger cette descendance qui la menace et l’éliminer. En France, Amina Rivière, ancienne infirmière intègre l’armée, dans un objectif bien précis.

Zombies Kids

Il existe tout un tas de raisons à la zombification d’un individu puis d’un groupe : virus, expérience de labo qui tourne mal, magie vaudou vengeresse et j’en passe. Mais en général, le mal ne fait pas de distinction entre les couches de population : hommes, femmes, enfants deviennent des victimes dangereuses. Dans la Rage, un seul groupe est infecté : les enfants.

Ici, l’action se passe en France, maintenant en 2011. Voila plusieurs années que les enfants tuent les adultes  Alors que les autorités tentent de protéger ces zombies en culottes courtes tant d’eux mêmes que de la population « saine », un groupe de miliciens appelés Les fils d’Hérode – du nom du roi de Judée qui fit assassiner tous les enfants de moins de deux ans suite à une prophétie annonçant la naissance du roi de tous les Juifs (merci Wikipedia) – s’emploie à les éradiquer puisqu’ils sont des monstres. Les enfants sont maintenus dans des zones de quarantaine le temps de trouver un vaccin. Zones qui sont le théâtre d’affrontements récurrents entre l’armée régulière, la milice et les zombies.

En soi, l’idée est bonne et plutôt originale. Il est assez dérangeant d’avoir sous les yeux la mise en image d’une horreur possible,, à savoir sa descendance se retournant contre soi et tous les cas de conscience que ça implique (la tuer mais condamner l’humanité à l’extinction, ne pas la tuer mais la redouter en permanence).  Cependant, ça manque un peu de punch. On sent que les auteurs se sont imposés des limites dans le gore et dans la mise en scène : les enfants mordent, mais il n’y a pas ou peu de sang, les corps attaqués sont au final peu abîmés et lorsque les enfants sont les cibles, l’illustrateur s’arrange pour qu’on ne voit pas les impacts de balles. La morale est sauve.

L’héroïne, Amina Rivière est une ancienne infirmière venue s’enrôler dans l’armée. Mais on sent rapidement, trop peut-être, qu’elle a d’autres objectifs. Sa première mission va la confronter à la réalité de ces enfants, mais aussi des hommes qui tentent de les aider, ou de les tuer, selon le camp choisi. Cependant, il reste des zones floues, concernant les motivations de tous les protagonistes. On sent que quelque chose d’assez grave se profile, mais on a trop peu d’indices pour tenter de deviner. Et les éléments qui auraient mérités d’être approfondis n’ont été que survolé voire expédiés.

Visuellement, le dessin est plutôt joli mais n’apporte rien de particulier. Tout est très classique dans les expressions, à part celles des petits zombies, plutôt convaincants.

La Rage est une bande dessinée qui aurait pu être mieux scénaristiquement parlant.  L’idée de confronter des adultes en pleine possession de leurs moyens mais impuissants et des enfants effrayants est vraiment bonne. Mais la limite morale, qui consiste justement à ne pas voir des enfants dans des situations dangereuses ou malsaines freine clairement les auteurs. C’est osé sans l’être, et au final, je trouve le titre un peu tiède. Le cliffhanger qui annonce le volume deux m’a paru foncièrement prévisible par ailleurs. Si je l’ai entre les mains, je la lirai tout de même, pour voir.

Pour faire court : Enfants de tous les pays, Zombifiez-vous !

Pour qui ? A partir de 15 ans

Si je veux la suite ? En espérant que l’action s’emballe un peu

 ★★☆☆☆ 

La Rage. Tome 1 :! Amina

Pierre Boissière, Malo Kerfriden, Boubette.

12 bis. 2011

48 p. / 13.50 €

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