Les guerriers de l’ombre. Tome 1 : amour brûlant

Attention : cette chronique comporte des propos à allusions sexuelles et ne s’adresse pas aux mineurs.

Angel fait la connaissance de Kral, un vampire renégat car refusant de boire du sang synthétique comme ses congénères. Lui et ses amis affrontent régulièrement les militaires désireux de les rattraper. Angel, éprise de Kral va tout faire pour l’aider.

Pas une ombre de livre.

[Cette chronique est disponible en vidéo en bas de cette pages]

Je vais tout de suite faire une mise au point, pour l’auteure et également éditrice des Guerriers de l’Ombre, Sharon Kena.

  • Je suis au courant pour le « complot » dont serait victime votre maison.
  • Je n’ai lu que la chronique de Chani et pas celle de Lila, afin de ne pas être trop influencée.
  • Ce sont ces critiques et le buzz qui a suivi qui m’ont donnés la curiosité de lire ce livre.
  • J’ai énormément de questions à vous poser, si vous avez la gentillesse de lire ces lignes jusqu’au bout. J’attends d’ailleurs de votre part une réponse aussi claire et argumentée que les propos qui vont suivre.

Maintenant que ces points sont éclaircis, voici mon avis.

Il n’y a rien à attendre de ce livre. A part les crises de fous rires que j’ai eu en le lisant ou en le faisant lire, je déconseille fortement de l’acheter, sous peine de se sentir arnaqué tant il est mauvais.

La couverture annonce déjà la couleur. J’ai mis dix bonnes minutes à la décrypter, parce je ne comprenais pas les deux images superposées. Il s’avère que les traces blanches sont des montagnes (si si). Mais surtout que l’homme qui enlace la femme dans un effet de flou absolument pas maîtrisé a la main sur son sein. Du jamais vu pour un livre de romance paranormale (parce que OUI c’est de la romance paranormale). D’ailleurs, après vérification, les livres érotiques planqués dans ma bibliothèque n’ont pas ce genre de couverture. Les Harlequin non plus. Ceux de La Musardine non plus.

Parlons de l’histoire. Un bien grand mot car j’ai eu du mal à la trouver et à la comprendre. Angel et son amie Camilla vont au Byzance, une boite de nuit qu’elles ne fréquentent pas d’habitude. Angel y croise Kraler, un homme qui l’attire malgré la terreur qu’il fait naître continuellement en elle. Camilla sort avec David, un militaire chargé de traquer Kraler et ses compagnons parce qu’ils sont des vampires renégats (et oui, encore une histoire de vampires ! So original).

Et c’est tout. Si vous voulez connaitre la suite, référez-vous aux scènes de sexe qui parsèment le livre (environs deux par chapitres). Toutes plus crues les unes que les autres, elles n’ont aucun romantisme et laissent songeur quand à la façon dont l’auteure conçoit des relations entre adultes consentants. Alors que les vampires se comportent comme des machos arrogants au langage vulgaire,  les femmes ne vivent que pour ressentir des décharges électriques au contact de leurs compagnons et pour servir d’objets sexuels pas toujours bien traités (et on y va dans la pétasse, la chienne, la salope)…. Étrange quand on sait que c’est une femme qui écrit… La condition de la femme n’en sort pas grandie.

En fait, le livre peut tenir dans cette phrase :

« Agenouille-toi et soulage l’envie que tu as fait naître en moi. » 

Élégant, n’est ce pas ? C’est juste l’une des nombreuses sorties de Kraler à Angel….

Si les personnages n’ont pas de consistance, le style ne rattrape rien. Le livre est écrit au présent, ce qui tue autant la narration que l’action. Je n’ai rien contre la rédaction au présent, de l’indicatif,  mais c’est un grand risque et il faut maîtriser la structure du texte. Fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe se succèdent. Comme il a été dit ailleurs, il serait temps de revoir les fondamentaux de la langue française afin de composer un texte cohérent ou alors de le faire corriger par quelqu’un d’autre. J’ai l’impression que le texte a été édité de façon brute. L’auteure emploie des mots sans en connaitre la significations ou l’usage. J’ai du relire des phrases deux fois tant certaines choses m’ont échappées. La ponctuation aussi laisse à désirer, certaines phrases sont longues sans aucune virgule et d’un coup, elles deviennent très courtes et incompréhensibles. Les enchaînements de mots sont étranges, ils ne vont pas du tout ensemble ! Morceaux choisis :

« Absorbée par cet homme dégageant des vertus aphrodisiaques, elle ne l’entend pas »

« Le visage fermé et prêt à la bouffer si elle effectue le moindre mouvement. Incroyablement beau. »

Les personnages « verrouillent » leur regards, ont des peaux d’une « infime douceur » les gens qui « s’estompent »….

Cohérence, quand tu nous tiens….

Le problème avec les guerriers…. c’est qu’il me font furieusement penser à d’autres guerriers. Ceux de la Confrérie de la Dague Noire,  la saga de J.R. Ward édité chez Milady. J’ai enchainé les deux lectures et je trouve des similitudes troublantes entre les deux.

  • Les noms des tomes ont la même construction : l’amant ténébreux, l’amant éternel, l’amant furieux pour Ward. Amour brûlant, amour interdit, amour salutaire pour Kena.
  • Les noms des personnages : Kohler, Viscz, Zadiste pour Ward. Kraler, Viper, Slash pour Kena.
  • Et surtout le terme qui permet à un vampire d’appeler sa compagne : Shellane pour Ward. Shelina pour Kena.

Je n’ai pas eu à chercher loin, une bonne partie de ces éléments figurent sur les quatrièmes de couvertures, déjà annoncées sur le site de Sharon Kena, et sur Amazon. Une recherche standard par Google .fr et .com m’a permis de confirmer que Ward a totalement créé son univers et les terminologies associés aux vampires. De là à penser à du plagiat… Oui je sors le mot. Les guerriers de l’ombre ne sont pas un hommage, mais une reprise, très mauvaise d’ailleurs de la Confrérie.

Et je suis d’autant plus étonnée, au vu de ce que j’ai relevé, d’apprendre que Sharon Kena écrit depuis plus de 5 ans ! Sa bibliographie, très fournie avec dates de sorties compte une vingtaine de titres. Je m’étonne donc, de sa part, de tant de maladresse et de manque de professionnalisme. Je me doute que s’auto éditer n’a rien d’évident, demande énormément de travail. Cependant,  cette masse de travail, et la remise en question nécessaire qui découle de cette démarche artistique devraient se ressentir.

Une dernière chose avant que je ne donne mon avis final. Je n’ai rien contre la maison d’édition Sharon Kena. Ni contre les auteurs qui ont décidé de collaborer avec elle. Je sais que parmi eux, certains sont appréciés à leur juste valeur, même si je n’ai pas encore eu l’occasion de lire leurs livres.

Mais concernant les guerriers de l’ombre, il n’y a vraiment rien à rattraper. Les fous rires que j’ai eu, grâce à des lectures communes ou à haute voix ne m’empêchent pas de le trouver mal écrit, sans consistance et dégradant. Il ne peut se prétendre être une romance paranormale érotique et aurait plus sa place dans l’enfer d’une bibliothèque. Quand on sait qu’elle en a prévu 6, je m’inquiète pour la suite.

Pour aller plus loin : les chroniques de la blogosphère

Comme vous le remarquerez certainement, il n’y a pas de lien vers des avis positifs. Ce n’est pas par manque d’objectivité, c’est juste que je n’aime pas la mauvaise foi caractérisée qu’on y trouve. Si vous tenez à ce qu’ils figurent malgré tout sur cette liste, envoyez-moi vos liens.

Pour faire court : Les hommes sont des vampires, les femmes sont des salopes

Pour qui ? Ceux qui ont des pulsions refoulées de masochisme

Si je veux la suite ? Même pas en pixel !

 ☆☆☆☆☆ 

Oui ! OUI ! 0 !

 

Les guerriers de l’ombre. Tome 1 : amour brûlant

Sharon Kena

Sharon Kena 2011

203 p / 13.57 € (papier) / 6.49 € (ebook)

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