Eien et son ebook. Face au reste du monde.

Voila presque un mois que j’ai mon Ebook, mon Précieux comme je me plais à l’appeler. Inutile de préciser combien j’en suis satisfaite, je crois bien que c’est la plus belle chose qui me soit arrivée depuis 1) que je sas lire 2) que je rêve de la bibliothèque de la Belle et la Bête chez moi.

Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai des problèmes de vue (je vois aussi mal de loin que de près) ce qui ne m’empêche pas d’être accro à la lecture. L’ebook a changé ma vie en ce sens que je n’ai pas besoin de me trimbaler avec une loupe pour lire en public. Je l’ai déjà dit, ce n’est pas très glamour. Ce qui m’a définitivement décidée c’est que Bragelonne propose une bonne partie de son catalogue au format numérique. Vu ce que je lis, c’est juste le bonheur à l’état pur.

Cependant, mon petit havre de paix numérique a été quelque peu perturbé dès l’instant où ma liseuse et moi avons franchi les portes de l’antre sacrée qu’est mon lieu de travail.

La bibliothèque. *insérez ici une musique dramatique, voire un coup de tonnerre*

J’avoue, je l’ai apporté là-bas pour deux raisons. La frime (une bonne geekette se doit de frimer avec sa technologie), et l’envie de voir la réaction de mes chers collègues devant la bête. Je n’ai pas été déçue, surtout que l’achat de mon appareil s’est fait peu après que Booken ait prêté son Cybook aux médiathécaires de mon boulot afin qu’ils voient ce que ça donne. Personnellement, je trouvais juste ça révolutionnaire d’avoir ça entre les mains au sein d’une bibliothèque. Quand j’ai appris que certains établissement les prêtaient à leurs lecteurs, j’ai bondi de joie surtout que bon nombre d’entre eux avaient l’air contents de l’expérience. Certains collègues étaient même emballés.

Quand, en rentrant de vacances, j’arrive avec mon propre appareil, l’accueil est… mitigé. Partagés entre curiosité sincère (qu’est ce que tu peux faire avec ? Tu prends des livres gratuits ou payants ?) et sentiment d’insécurité (si si), mes collègues me regardaient assez bizarrement. J’ai mis le temps à comprendre ce qui clochait.

Ils se sentaient trahis. Qu’une bibliothécaire, connue pour exploser les quotas de lecture mensuels se tourne vers une liseuse, ce n’était pas compatible. Une bibliothécaire digne de ce nom doit restée attachée au papier, ad vitam aeternam et ne pas vendre son âme à Internet et au numérique.

Trop tard les gens, j’ai un blog.

La réaction la plus virulente a été celle de ma responsable, qui m’a bien fait comprendre que je devrais continuer à acheter mes livres en librairie (dans les petites hein ! Pas chez Virgin !) afin qu’elles ne disparaissent pas pour toujours.  Implicitement, ça voulait aussi dire que tôt ou tard, je mordrai la main qui me nourris (mon boulot quoi). Puis tout à coup elle m’a fait « mais en fait, que toi tu en possèdes un, ce n’est pas grave. Avec tes problèmes de vue… »

Oui on me pardonnait. Pas parce que j’utilisais un appareil qui pourrait faire évoluer la façon de lire en bibliothèque ou quelque chose de ce genre. Non, on me pardonnait par ce qu’il facilitait l’existence à la malvoyante que je suis. Autrement dit, j’avais une excuse pour posséder une machine engendrée par le démon numérique. Ce qui est assez paradoxal, car ce qui facilite l’existence des consommateurs du livre à tendance à agacer ceux qui les fournissent. Jusque là, je pensais qu’il ne s’agissait que des éditeurs…

Personnellement, je ne sais toujours pas comment prendre cette remarque. De la pitié polie ? Ce serait sans doute exagéré. Une vision de la réalité de mon travail, à savoir que rien ne bougera vraiment à moins d’être en réel danger de disparition ? A voir…

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