La saga d’Orion. Tome 1 : le destin des Eaglestone

Maggie rêve au passé de sa famille, les puissants Eaglestone. Corsaires de la Reine d’Angleterre puis pirates, commerçants avisés qui ont su s’adapter à tout avant de tourner leurs yeux vers les étoiles, redevenant les pirates qu’ils étaient mais dans lespace. Tout ça, c’était avant que la mère de Maggie ne soit brulée vive pour l’exemple, et que son père ne fuit avec le Léviathan, leur vaisseau… Quand Maggie se réveille, 900 ans se sont écoulés. Elle prend contact avec ce nouveau monde qu’est lAarche et sa ville Archopolis en orbite autour de Mars, un lieu aussi policé que surprenant…

Les serres du Destin

Un peu trop prise par la bit-lit ces derniers temps, j’avais un peu négligé la science-fiction. Mon ebook et un livre que je devais lire depuis longtemps ont arrangé ça.

Maggie Eaglestone, 16 ans, est à l’image de ses ancêtres : remuante, passionnée, dotée d’un fort (mauvais) caractère. Tout ce qu’il faut pour faire un bon pirate dans cette famille hors du commun qui depuis des générations sillonnent les mers puis les étoiles, dépouillant les navires marchands au nez et à la barbe des autorités. Cette vie pleine de danger et d’aventure prendra brusquement fin sur la Lune, quand l’Empereur de la Terre mettra Bella, la mère de Maggie aux arrêts. Il obligera la jeune fille et ses frères, Patrice et Pascal à assister à l’exécution publique qui verra Bella brûlée vive. De son père, Georges, dernier capitaine du Leviathan, Maggie hérite du caractère, de sa mère, des pouvoirs psy qui font d’elle une sorcière puissante.

C’est grâce à des grandes prises de risques, à un long sommeil artificiel  et à la bienveillance des Stellaris que Maggis peut se réveiller, 900 après cette tragédie. Seul Patrice est à ses côtés. Nulle trace de Pascal, et évidemment de Georges.. Ce sont Antarès et Plutonia, respectivement père et fille Stellaris qui vont les aider à s’adapter à leur nouvel environnement.

Bien qu’elle n’oublie pas Patrice Eaglestone, l’auteure axe donc la majorité de son récit sur Maggie. L’esprit vif de la jeune fille ne tarde pas à constater qu’on ne lui dit pas tout de ce monde supposé idyllique qu’est  la station spatiale  d’Archopolis, Elle va tenter de mener son enquête, mais se rend rapidement compte qu’elle doit composer avec un élément inattendu et envahissant : le fantôme de sa mère.

Isabella est l’autre grand personnage récurrent de l’histoire, et je dois bien l’avouer, j’ai eu énormément de mal avec elle. Son caractère bouillant et sa manie de s’immiscer dans les affaires parfois les plus intimes de sa fille m’ont fait regretter que les Ghost Busters n’aient pas fait une sieste de 900 ans rien que pour la piéger. Au nom du grand destin des Eaglestone, elle distille les informations avec parcimonie et laisse cette sensation d’être constamment épié même quand elle n’est pas là. Sa capacité à manipuler les sentiments et à tenter d’influer le futur est assez effrayante. Maggie, en adolescente rebelle, est déterminée à ne pas se laisser dicter sa conduite sans se battre, surtout quand cela concerne ses propres sentiments. Et dieu sait qu’elle est caractérielle.

Ce premier tome décrit la vie de la station et comment les jeunes Eaglestone s’y adaptent. On y découvre le microcosme archopolien et les rapports avec la planète Mars. Mais derrière le vernis des fêtes, d’une nouvelle religion et d’une société non violente, on devine déjà les failles qui mèneront à un conflit inéluctable. Ce n’est que dans les toutes dernières pages quand le puzzle se met en place qu’on se prend le poids du destin des jeunes héros qui entoureront Maggie en plein visage. Et on comprend que Bella, avant d’être foncièrement manipulatrice est une mère soucieuse de l’avenir, même lointain, de ses enfants… tout ça promet des heures sombres…. cool !

Et je n’ai pas parlé des Acherreb, ces lointains extra-terrestres amis aujourd’hui retirés, ni de la politique, ni du secret de l’Arche… toutes ces questions laissées sans réponse et qui rend la lecture du tome 2 indispensable.

Le style de l’auteure est à la fois fluide et très descriptif. Elle prend le temps de poser son décor (normale pour de la SF ) mais aussi les sentiments de ses personnages. Elle est tout de même un poil fleur bleue sur la séquence des amours de Maggie mais bon, on lui pardonne volontiers, car certains retournement de situations sont réellement savoureux. Les plus attentifs (ou ceux qui se sont faits raconter pleins de choses par l’auteure, comme moi :D) y trouveront quelques références remarquables.

La saga d’Orion est donc une lecture réellement prenante et agréable. Ce premier tome augure d’un second plus dynamique et encore plus dramatique, que j’ai hâte de lire. Mon petit coeur fait boum pour ce livre !

Pour faire court : Accoure, accoure, princesse de l’espace

Pour qui ? Ceux qui aiment les intrigues spatiales

Si je veux la suite ? Totalement

 ★★★★☆ 

La saga d’Orion. Tome 1 : le destin des Eaglestone / Space Opera punchy d’Isabelle Wenta

Editions Vo’yel / 2010

320 pages

Format papier : 20 €. Numérique (Epub, PDF) : 7 €

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