Rebecca Kean. Tome 1 : traquée

Urban fantasy de Cassandra O »Donne
Edteur : J’ai lu (Darklight)
473 p. / 2011
Note importante : contient des scènes explicites

 ★★★★☆ 

Rebecca Kean est une Vikaris, une sorcière de guerre, née pour tuer les démons, les vampires et autres créatures du même genre. Elle fuit son clan qui l’a condamnée à mort et s’installe dans un trou perdu du Vermont avec sa fille Leonora, 9 ans. Mais ce qu’elle pensait être son havre de paix est le lieu de résidence d’un nombre assez conséquent de créatures surnaturelles. Elle songe déjà à partir après avoir rencontré le maitre des lieux, Raphaël, un vampire puissant, mais une série d’enlèvements et une proposition assez bizarre de la part du vampire l’obligent à remettre ses plans à plus tard.

Bienvenue à Burlington !

Son calme, ses montagne, sa forêt, ses habitants sympathiques vous accueilleront à bras ouverts…  Enfin la partie humaine, parce que pour le reste… Loups-garou, muteurs, vampires, sorcières de tout poil composent l’autre partie de la population, celle que Rebecca tâche le plus d’éviter afin d’assurer sa sécurité et celle de sa fille Leonora, bien plus mature que son âge ne le laisse supposer. Elle n’a de lien qu’avec Beth, une garou qui lui a trouvé un boulot dans la ville et qui tente désespérément de la remettre sur les rails d’une vie « normale ». Mais Rebecca, toujours sur ses gardes, n’a de cesse de vouloir partir dès que le danger est proche. Et pourtant, elle est loin d’être une débutante en matière de magie.

De tous les personnages de bit-lit que j’ai pu lire, Rebecca est celle qui possède et maitrise le mieux ses pouvoirs. Pas de découverte ni d’utilisation hasardeuse, elle est déjà rodée et experte grâce à une éducation à la dure (et encore, le mot est TRES faible). Et surtout, elle a d’autres moyens à sa disposition puisqu’en plus de la torture physique, elle se balade régulièrement avec un arsenal à faire rougir un commando. Une charmante femme donc, que son indépendance, sa liberté de ton (voir son côté asocial) rendent assez spéciale. En mission, si elle veut quelque chose – objet ou renseignement – elle le prendra, par la force si besoin est. Cependant, elle reste une femme, avec ses faiblesses et ses doutes, et sa rencontre avec Raphaël, le vampire Magister du coin ne va rien arranger.

J’adore Raphaël. Malgré un indéniable pouvoir de destruction massive (2.500 ans ça vous forge un vampire), il a l’air d’un homme comme les autres. Puissant, sûr de sa force et de son talent oui mais comme les autres. Fin observateur de son monde, il trouve Rebecca et ses sautes d’humeur « distrayants » pour ne pas dire plus. Il n’en demeure pas moins potentiellement dangereux et charismatique, ce qu’il n’a de cesse de rappeler dans ses actes et paroles. En charge du Directum, l’alliance des clans du Vermont, il le dirige d’une poigne solide, ayant su asseoir son autorité sur toutes les autres créatures surnaturelles.

D’autres personnages masculins gravitent autour de la belle sorcière qui a de quoi s’arracher les cheveux devant tant de prévenance à son égard après 10 bonnes années sans homme. Elle qui tient à son indépendance va en être pour ses frais (j’ai quand même souhaité très fort que Mark meure parce que je ne le supporte pas !). Et tous ne sont pas aussi « recommandables » que Raphaël ou Bruce le loup-garou (à surveiller celui-là, il cache très bien son jeu sous ses airs décontractés).

L’écriture du livre est vive, sans temps mort. On ressent avec Rebecca les longues nuits à régler ses soucis tant privés que liés à la mission qui lui est confiée et les heures de sommeil qui manquent forcément à l’appel. Les moments de tension sont habilement contrebalancés par des séquences plus légères dont l’humour fait mouche à chaque coup. On a parfois l’impression que ça part dans tous les sens, mais la galerie de personnages est si variée et complexe qu’il faut bien ça pour démarrer la saga, et de toute façon on s’y retrouve forcément. Les intrigues politiques prennent autant de place que les scènes de combats, bien décrites, où l’héroïne assume sans complexe son manque total de diplomatie.

En conclusion, Rebecca Kean est une vraie découverte et un gros coup de cœur pour moi. J’aime le côté fonceur de Rebecca, qui aurait bien besoin de se refaire une vie sociale parfois, mais en même temps, on souhaite qu’elle ne change pas tant ses disputes avec Raphael sont savoureuses. Les personnages sont variées et attachants (sauf Mark >< ) et l’on se prend facilement à supporter la sorcière dans ses aventures. A lire absolument !

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