[Manga] Library Wars Love and Wars. La censure est ouverte !

Dans le futur, le gouvernent japonais vote la loi de l’amélioration des médias. Sous ce titre prometteur se cache une censure sans précédent des livres dont le contenu peut porter atteinte à la morale ou à la patrie. Les bibliothécaires qui bénéficiaient jusque là d’un statut privilégié sont les premiers touchés. Les voila obligés de s’organiser en milice d’élite afin de protéger les livres et leurs lecteurs des rafles qu’exercent le pouvoir. Alors que le conflit tourne à la lutte armée, Iku Kasahara rejoint les rangs des bibliothécaires, avec pour motivation de retrouver l’homme qui l’a sauvée, elle et le livre qu’elle tenait à conserver. Mais en guise de prince charmant, elle se retrouve face à Dogo, l’impitoyable lieutenant-instructeur qui va lui faire vivre l’enfer.

Touche pas à mes livres !

Quand on parle de censure de livres dans un livre, on pense inévitablement à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Et il y a un peu de ça dans Library Wars où, même si l’armée régulière ne détruit pas les livres pas le feu, elle s’arrange pour en retirer – au cutter si besoin est – les passages jugés litigieux. Dans ce but, et avec la passion d’une Yomilo Readman (Read or Die), le comité des bibliothèques rassemble tous les livres, sans exception pour les soustraire à la censure. Ici, le Japon est un pays sombre même si ce premier volume ne donne pas toute l’amplitude du conflit que provoque la loi.

Quand on sait que ce manga est l’adaptation d’une des séries de livres d’anticipation les plus vendues au Japon (1.2 millions d’exemplaires) et détentrice d’un prestigieux prix littéraire, on a qu’une envie, c’est de lire l’œuvre originale. Car pour le moment, même si Library Wars le manga donne un bon aperçu de la situation politique assez tendue, il s’attarde un peu trop à mon goût sur les déboires de Iku lors de son instruction. Cette jeune fille bien que douée dans beaucoup de matières prend son travail un peu par dessus là jambe sous prétexte de chercher son prince-justicier. Un manque de sérieux qui lui fait perdre de son crédit d’entrée, comparé aux personnages secondaires qui l’entourent, tous assez charismatiques et au caractère fort, tels Dogo son instructeur, ou Tezuka, son coéquipier froid et brusque.

Ce n’est dont pas du côté de l’héroïne et de ses amours naissantes qu’il faut chercher l’intérêt de Library Wars mais dans le prometteur développement de l’intrigue liée à un Japon adepte du contrôle des médias. Le simple fait que la défense de la liberté d’expression oblige les bibliothécaires à s’armer et à s’organiser clandestinement pour conserver les livres est une excellente idée. On perçoit tout l’enjeu de la guerre que l’auteur fait peser sur les épaules d’Iku et de ses compagnons, leurs relations à l’information et au livre, leurs modes de pensée et leurs rapports sociaux et sentimentaux risquent d’avoir une grande influence sur l’avenir. Sans compter que Arikawa livre une vision sans doute juste et inquiétante d’un monde sans un libre accès à l’information, où l’on vit dans la crainte d’une rafle et de voir disparaître ces textes qui ont bercés nos lectures, comme Iku, très attachée à ses comtes de fées.

Pour le moment, il est difficile de dire si Library Wars est bon ou non. Je n’accroche pas à l’héroïne dont les défauts sont bien plus perceptibles que les qualités et dont l’histoire à venir est aussi prévisible que presque tous les shojo : elle va devoir passer outre sa motivation futile de rejoindre son prince charmant et gérer ses triangles (carrés ?) amoureux. L’histoire et l’ambiance qui se dégage en revanche rappelleront aux plus avertis de sombres épisodes de la littérature jeunesse en bibliothèque, pour les autres 1984 de Georges Orwell, et pour ceux qui aborderaient le sujet pour la première fois, une vision assez convaincante de ce que serait un monde sous information contrôlée.

Quoi qu’il en soit, j’attendrai la sortie du roman pour me prononcer définitivement sur ce titre. .

Pour faire court : la guerre en cellulose

Pour qui ? Ceux qui aiment autant l’anticipation que la romance

Si je veux la suite ? Aucune idée

 ★★★☆☆ 

Library Wars – Love & war

Kiiro Yumi, d’après l’œuvre de Hiro Arikawa

Glénat, collection Shojo

2010 / 6.50€

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