Les conjurés de Niobé. Tome 1 : l’ombre de Thésée.

Roman fantastique de Jessica L. Nelson
Editions Baam !
2010 – 13€

 ★★½☆☆ 

Les conjurés de Niobé c’est l’histoire de Stefanos Alias, 14 ans, embarqué au cœur de l’Olympe des dieux. Ce collégien sans histoire partage son temps entre sa mère, une femme un rien fantasque qui invoque Zeus à tout bout de champ, Jules, et Sofia, respectivement racaille et diva du collège et M. Durand, l’irascible professeur de latin qui n’hésite pas à saquer ses élèves « pour leur apprendre l’existence. » Bref rien de bien extraordinaire dans la vie d’un ado jusqu’au soir où rapportant une très mauvaise note à la maison, il cherche à échapper à sa mère qui compte bien le gronder. Métamorphosé en oiseau, il est ramené chez lui par Hermès et rencontre Zeus, qui n’est autre que son arrière grand-père et qui a une mission à lui confier… sauver le monde en sauvant les légendes grecques de l’oubli qui les menacent.

Je vous entends d’ici ! Qui a hurlé « ça a un air de déjà-vu ! » au fond de la salle ?

Percy Jackson ? Nooooon pas du tout mon cher. Si peu.

La ficelle du héros à parenté grecque n’est pas si courante en littérature fantasy, mais c’est comme celle d’un certain sorcier, quand l’un d’entre eux devient célèbre, tout le monde se doit de suivre (ou veut sa part du gâteau, c’est selon). Stefanos suit donc la voie tracée par Percy, en beaucoup moins bien hélas.

Le livre est très bien documenté. Trop. On a plus l’impression de lire un manuel d’histoire de 6ème qu’un livre d’aventure. On ne nous épargne rien de la généalogie du panthéon olympien (Hermès, fils de Zeus, fils de Ouranos fils de…) et les descriptions des lieux visités confinent au positionnement précis au mètre près sur un GPS. Ce qui peut être utile si on veut savoir où situer une action mais à double tranchant puisque apte à vous faire décrocher de l’histoire.

Les dieux parlent « djeuns ». Zeus roule les R à la Edith Piaf, Hermès est du genre relax (un peu trop, même pour un dieu des Voleurs), Apollon un grand dépressif. Seuls Stefanos semble avoir le ton juste et quelques uns de ses illustres parents comme Athéna et la dangereuse Eris. Par ailleurs, la  mise en page parfois brouillonne amène souvent à se demander qui parle à qui.

Mais tout n’est pas négatif. Le texte ne manque pas d’un certain humour, on se prend à sourire aux remarques de Priame, le chien de Stefanos, qui livre de temps à autres des anecdotes très drôles (et souvent vraies) sur l’Olympe et les héros grecs. D’ailleurs, tous les être qui croiseront la route de Stefanos apparaissent dans la mythologie à un moment où à un autre. On pourra aussi trouver intéressant que l’histoire prenne autant appui dans le Boulogne du XXIème siècle que dans la Grèce antique, les actions du héros dans un lieu n’étant pas tout à fait sans conséquences sur l’autre.

Le livre s’agrémente au fil des pages d’arbres généalogiques, de cartes de la Grèce à l’époque de Thésée et d’une bibliographie fournie en fin d’ouvrage, ainsi que de liens internet.

En soit, les conjurés de Niobé n’est pas un mauvais livre. Ou plutôt une mauvaise série puisque l’ombre de Thésée est le premier volume. On attend juste que ça décolle franchement et on espère que l’auteure se perdra moins en description laborieuse de l’univers grec. Il y avait peut-être d’autres façons d’amener tous ces petits détails qui font la richesse de la mythologie. En attendant, il conviendra parfaitement à des bons lecteurs de 9-10 ans. De là à en faire un tremplin pour une initiation à la Grèce ancienne…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *