Les ailes d’Alexanne. Tome 1 : 4h44. Des fées et des anges.

Alexanne Kalinovsky, 15 ans perd ses parents dans un accident de la route. Les services sociaux, en la personne de Mlle Léger décident de la placer chez sa tante, à la campagne. Au début réticente à quitter sa chère Montréal, Alexanne va aller de surprise en surprise au contact de Tatiana, une femme aussi fantasque que mystérieuse. La jeune fille va découvrir le secret de ses origines et apprendre à maitriser les étranges pouvoirs qui en découlent. Une formation qui ne sera pas sans risques.

Cours de féérie accélérés

Voici la troisième saga d’Anne Robillard. Après Les Chevaliers d’Émeraude et son univers médiéval-fantastique, AN.G.E qui s’encre plus dans le paranormal futuriste, les ailes d’Alexanne se passe ici et maintenant, avec une touche de fantastique qui pourra en dérouter certains, vu la façon dont c’est amené. J’ai attendu avant de faire cette chronique, d’abord parce que j’avais pas le net sur l’ile de Ré (eh ouais), ensuite, parce qu’il m’a fallu le temps pour digérer le livre et son contenu franchement surprenant.

Nous faisons donc la connaissance d’Alexanne, qui voit son monde bouleversé par la mort brutale de ses parents. Elle apprend par les services sociaux qu’elle a une tante, ce que son père s’était toujours évertué à cacher. Et c’est chez elle qu’elle va désormais vivre.  Pleine de préjugés (elle pense que sa tante habite tellement loin dans la campagne que pour appeler sa meilleure amie, il faudra passer un appel international) et surtout désireuse de ne pas perdre sa routine dans la grande ville, Alexanne part convaincue qu’elle ne fera pas long feu là-bas. Mais Tatiana Kalinovsky s’avère être une femme patiente, douce et inconditionnellement aimante à l’égard de sa nièce, qui finira par se laisser apprivoiser. C’est grâce à elle qu’Alexanne va mettre au jour la vie de ses ancêtres mais plus important, elle va apprendre qu’elle est une fée.

Il n’y a pas tant de fées que ça en littérature (j’entends par là, des êtres qui ne mesurent pas 10 centimètres de haut et dotés d’ailes). Aussi est-il rafraichissant de faire la connaissance des femmes Kalinovsky et de leurs dons qui s’apparentent plus à celui de guérisseuses,d’ailleurs. Et même si des fées miniatures rôdent bien dans le jardin foisonnant de Tatiana, on soupçonne rapidement l’existence d’autres créatures surnaturelles avec aux premier rang d’entre eux, des anges qu’Alexanne peut contacter par l’intermédiaire d’un cahier magique dans lequel ils répondent systématiquement à ses questions.

Les anges prennent donc une place importante dans le récit où s’entremêlent également la réincarnation, la mort, les loups-garous, la perception de Dieu et de l’église… on en oublierai presque qu’Alexanne vient de se trouver une famille et surtout un amoureux ! Les références foisonnent, et on se demande parfois où l’auteure cherche à aller tant elle a posé d’éléments.

Les événements surviennent avec une simplicité presque déroutante. Alors que tout devient de plus en plus bizarre, on a l’impression que tout est normale, même pur l’héroïne pourtant pleine de scepticisme  à son arrivée. On dirait que chaque situation n’a pas d’incidence sur celle qui l’a précédée alors que c’est faux. Anne Robillard semble tisser une toile, pour le moment confuse, mais qui finira par se révéler au grand jour dans les volumes suivants.

Un petit point dérangeant dans la narration est qu’Alexanne « prie » et « supplie » un peu trop souvent, même pour une ado désireuse d’en savoir plus sur ses talents et ses origines.

Pour le reste,  malgré tout, j’ai trouvé ce livre prenant au possible. L’auteure ne s’embarrasse pas de détours pour amener les événements, qu’elle découpe simplement en chapitres courts et nets qui montre l’évolution régulière et parfois inquiétantes des personnages. Le dénouement de se premier tome laisse une impression étrange qui fait qu’on veut lire la suite. Mikal, l’inquiétant oncle d’Alexanne est en grande partie réponsable de ce sentiment. C’est donc une bonne lecture que je vous recommande. En plus, la couverture est juste magnifique !

Pour faire court : Féérie angélique

Pour qui ? Ceux qui savent ouvrir leur esprit, à partir  de 12 ans

Si je veux la suite ? Oui !

 ★★★½☆ 

Les ailes d’Alexanne / Anne Robillard

Editions Michel Lafon

2011 / 365 p.

15 €

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