[Manga] Histoires de Kisaeng

Hyongeum et Beodeul ne sont encore que des petites filles. Mais dans la Corée d’alors, elles ont l’âge requis pour apprendre le métier à la fois dur et fascinant de courtisane. Le chant, la danse, la musique, l’art de la conversation, mais aussi les faux semblants, les vrais plaisirs et les jalousies composent le quotidien de ces femmes en devenir, chacune sous l’aile d’une « mère » qui leur enseignera le métier.

Une saison chez les femmes

Les kisaeng sont l’équivalent coréen des geishas. Ces courtisanes de luxe que les hommes paient cher pour profiter de leur beauté et de leurs talents. L’apprentissage se fait tôt, dès l’enfance et répond à des codes précis. C’était souvent le seul moyen pour une fille pauvre d’assurer son avenir. Ses parents la cédaient à une « mère » contre rémunération, et celle-ci doit lui apprendre les ficelles du métier. Quand le temps est venu, l’apprentie Kisaeng accroche une lampe à la porte de la maison pour signifier sa disponibilité.

Mais histoires de Kisaeng ne s’attarde pas tant sur la formation de ces jeunes femmes, préférant s’attacher à décrire leur philosophie, leur mode de pensée, avec une poésie omniprésente. Tout se fait en métaphores et phrases finement tournées. Seules les situations dramatiques sont traitées de façon, directe et urgente, faisant ressentir tout le poids dramatique.

L’auteur passe d’une héroïne à l’autre. Autant Hyongeum a la chance d’avoir une « mère » patiente, douce qui lui délivre son enseignement de façon saine et intelligente, autant Beodeul se perd auprès d’une femme vénale et cruelle. Le contraste de ces deux éducations pour un même métier rend l’histoire encore plus forte.

Le trait à quelque chose d’ancien, qui rend ce titre charmant. A la fois sobre et détaillé, le dessin rend toute l’atmosphère du quartier des courtisanes d’antan. Pourtant à la lecture de ce titre, on a une impression d’inachevé… Ce n’est pas forcément de la déception, mais juste que l’auteur aurait pu aller plus loin.

En effet, la série se finit quand chacune des apprenties trouve enfin sa voie. On aurait bien voulu les suivre encore un peu, c’est dommage. Il n’en reste pas moins que c’est une belle histoire, idéale pour aborder le monde des courtisanes.

L’anecdote qui tue : je ne me suis pas rendue compte que j’avais pris le volume 3 ! Comme quoi l’histoire est parfaitement compréhensible, même prise en court de route.

Pour faire court : mémoires d’une geisha… euh d’une kisaeng.

Pour qui ? Ceux qui aiment le charme d’antan des courtisanes

Si je veux la suite ? Il y aurait eu de quoi faire !

 ★★★★☆ 

Histoires de Kiaseng. 3 : Saison après saison.

Kim Dong Hwa

Paquet 2010

9.95 €

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