Versus Mode : Tron / Tron l’Héritage

En cinéma, comparons ce qui est comparable.

Quand j’ai annoncé que je visionnais Tron l’Héritage,  la moitié de mes contacts m’ont dit « bouuuuuh ce film est nul ! » Well… C’est un blockbuster, donc, par définition, ce n’est pas un film qui restera forcément dans les annales du 7ème art, même s’il est spectaculaire.

Ok mais qu’est ce qui fait que ce film serait nul, et par rapport à quoi ?

Et bien autant faire la comparaison avec ce qui est comparable, à savoir celui par quoi tout à commencé.

Tron.

Sorti en 1982, ce film est sans doute l’un des plus ambitieux des studios Disney. C’est aussi l’un de leur plus grand fiasco commercial bien que les produits dérivés, notamment les jeux vidéos aient parait-il, mieux marché.

Voici donc mes humbles constatations.  Je n’ai pas été fouillé dans les arcanes du net pour me faire un jugement. Il m’a juste fallu une PS2 et 2 DVD.

A la base, Tron est un film de geek. Les réalisateurs étaient férus d’informatique et ça se voit dès les premières secondes où on a un peu de mal à savoir si on est dans le réel ou le virtuel. On finit par comprendre, sans que rien ne soit vraiment précisé, que l’action se passe dans le futur, fait de grands bureaux tactiles et où les programmes créés sont capables de répondre à leurs concepteurs. Et puis les héros ont tous le profil du parfait geek ; Flynn l’éternel gamin génial, Alan, plus terre à terre mais tout aussi investi, et Laura, passionnée au possible. L’informatique, c’est leur vie.

C’est peut-être là que le film a échoué à séduire. L’année d’avant, sortait Rox et Rouky, un petit bijou prônant l’amitié entre deux races d’animaux normalement destinées à se détester. Se retrouver dans l’univers certes infiniment nouveau et intéressant, mais aussi froid et opaque que l’informatique à l’époque a du en dérouter plus d’un. Personnellement, je reprocherai au film un petit manque de sentiments humains, qui ne sont qu’effleurés au profit des énormes performances visuelles de l’oeuvre (toujours pour l’époque), ce, même si les protagonistes ont un certain charisme. L’action est parfois un peu confuse, on passe rapidement d’une situation a une autre sans transision. Reste que visuellement, c’est une bijou puisque le film immerge totalement dans un monde virtuel, chse qui devait être bien difficile à faire à l’époque.

28 ans plus tard, voila que sort la suite, Tron l’Héritage.

Evidemment, la technologie a changé, ce qui a du prendre des jours à être réalisé pour le premier a du se faire en quelques heures et en bien plus beau. Adieu gros polygones, bienvenue 3D et fluidité !

Je ne ferai pas de remarque à propos du scénario qui si on se réfère au premier film peut se tenir. CLU a vraiment du en baver à vouloir contourner le MCP pour récupérer le travail de Flynn. Je ne trouve pas si étonnant qu’il « tourne mal » par la suite tant le désir de son concepteur d’atteindre la perfection était grand. Je pense que la force de Tron l’héritage est de parfaitement exploiter ce qui manque à son prédécesseur : les sentiments.

Attention, quand on parle de sentiment dans un Disney, on pense inévitablement à de l’amour, de la tendresse, un monde un rien lisse et heureux. Pourtant  Tron l’Héritage est une assez bonne démonstration des travers des  humains (et de leurs avatars virtuels) : doute, peur, frustration, colère, convoitise, pouvoir s’en donnent à coeur joie. Ça reste manichéen au possible, mais les nuances de l’âme humaine sont perceptibles.

Visuellement, la production a laissé tomber la patte « geek » pour se préoccuper du spectaculaire. Il n’a pas été jugé utile d’expliquer certaines choses déjà dites dans Tron, ce qui a pu en froisser certains, cependant, l’essentiel était là, dans les courses en light cycle ou la volonté d’une intelligence artificielle de dominer le monde qui l’a créée.

En parlant de Tron, il est quand même à rappeler qu’il est un personnage à part entière du film, et qu’on le voit bien peu dans la suite. Jusqu’à la fin, on a d’ailleurs bien du mal à situer son rôle.

Je pense que Tron l’héritage est une bonne suite qui rappelle ce qui l’a précédé sans s’apesentir dessus. Il exploite à fond son univers virtuel, même s’il manque parfois de la profondeur que Tron pouvait avoir.

Donc pour moi, Tron l’Héritage n’est pas un film nul. Spectaculaire visuellement, admirable pour sa bande originale (vive Daft Punk !), son scénario, est intéressant, même s’il aurait pu être plus travaillé. La fin notamment est un rien frustrante comparée aux promesses de futur radieux qui avaient été faites. Tron n’a pas à rougir de son successeur puisque même s’il est un peu froid, il compense par une belle performance visuelle et des personnages forts.

Reste que je me suis bien amusée et que je rêve de monter un Light Cycle… sans y laisser ma vie ceci dit !

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