La saga de Fenrir. Tome 1 : les 7 Runes

Roman de fantasy de Patrick Weber
Editions du Toucan
2010 / 16  €

 ★★½☆☆ 

L’histoire : Fenrir a grandi parmi les loups. Recueilli par Olafr, le forgeron du village de Renekvam, le garçon mène une existence d’esclave, méprisé par les habitants. Le soir de la grande fête d’Odin, un vieillard s’incline devant le garçon en déclarant qu’il est celui qu’il cherchait. Mais fou de rage, Olafr le tue avant que Fenrir ne puisse en apprendre d’avantage. Décidé à fuir les humiliations et à connaitre son passé, le garçon s’enfuit. Pendant ce temps, le Crépuscule des Dieux se met en marche, préparant l’ultime bataille des Vikings contre les serviteur d’un dieu unique et nouveau…

Il sera digne de livrer le dernier combat, celui du Ragnarök, le Crépuscule des Dieux.

J’adore les légendes nordiques. Pour la petite histoire, j’y suis venue en regardant les Chevaliers du Zodiaque quand j’étais petite (la partie Asgard donc). De même que l’anime avait titillé ma curiosité pour la mythologie grecque, j’ai commencé à lire sur le panthéon nordique, tout aussi complexe et fouillé. Aussi étais-je assez intriguée par un livre dont l’action prendrait place au temps des Vikings et des Dieux. Je dois cependant admettre une certaine déception à la lecture des 7 Runes.

Le roman use des habituelles ficelles du genre, à savoir celles d’un adolescent pas franchement à sa place dans la société qui l’entoure et cherche à se faire accepter. Un événement déclencheur bouleverse alors son monde bien (mal) ordonné et le jette sur les routes en quête de lui-même. Fenrir est un rebelle obligé de se soumettre en attendant son moment.

La descente aux enfers et l’initiation qui s’en suit pour le garçon sont menées par des personnages somme toute assez prévisibles et manquant de relief dans leurs psychologies. S’il est souvent reproché à Fenrir de réfléchir plus avec son cœur qu’avec sa tête, ses proches, amis ou ennemis ne peuvent pas se targuer non plus de savoir anticiper les événements. Ils réalisent tout toujours trop tard, précipitant ainsi leur chute. Olafr est un sanguin prompt à user des poings et de la menace pour asseoir son autorité, Freya, son insupportable fille aînée, avide de reconnaissance et d’aventure dans un monde qui n’admet pas les filles hors d’une cuisine.ne manque pas une occasion d’humilier Fenrir, alors qu’elle-même est une idiote manipulée par plus fort qu’elle. Même Fiolnir, le sage prêtre-sorcier est un être sans cesse hésitant malgré une certaine force de caractère. Pas étonnant que la fin du monde tel que l’ont connu les habitants de Renekvam soit si inéluctable…

Car oui, il y a du changement. Face au panthéon nordique, face à Renekvam se dresse les Passeurs de Parole installés chez le roi Magnus d’Alsmö et son fils Sverre. Ces hommes venus du Sud convertissent les hommes du nord au culte du Dieu unique. Considérant le culte du dieu Odin comme hérétique, ils usent de plus en plus souvent de la force (profanation des autels notamment) pour imposer cette Nouvelle Foi. Bien qu’elle ne soit jamais nommée comme telle, impossible de ne pas penser à la religion catholique et à ses campagnes (croisades ?) pour chasser les infidèles. Ces événements ont certainement existé et l’auteur les amène d’une façon rude, brutale comme les Vikings de son livre. Il y a là des accents un rien trop prosélytiques qui pourraient déranger le lecteur même si peut-être, l’auteur avait la volonté de le faire réfléchir au sens des guerres de religions.

Le voyage de Fenrir ne fait que commencer, mais, à part qu’il est amené à faire de grandes choses grâce aux runes qu’il commence à porter sur le corps, on ne sait pas encore grand chose de ce qui l’attend. Le livre est lourd, trop lourd de secrets prêts à exploser à la face du monde. On a l’impression de se noyer dans ces intrigues et trahisons sans fins menées par des personnages sans saveur. La seule manifestation divine est celles des runes dont on est loin de percevoir tout le potentiel voir l’utilité. Oh, il y a bien quelques traces ici et là comme la présence de Loki le nain ou celles des corbeaux, mais on reste bel et bien sur notre faim.

Enfin, certains points de la mise en page me dérange comme le fait que les paroles des personnages soient si distinctes du reste du texte. Je n’en perçois pas l’utilité. De plus, indiquer sans cesse la localisation d’un groupe de personnages, un peu comme au théâtre, me parait superflu. Il eut été plus intéressant que cela soit inclus dans e texte.

Dommage car les dieux du Nord ne sont pas si présents que ça en fantasy, surtout destinée à la jeunesse comme c’est le cas de la Saga de Fenrir. L’ambition de l’auteur de plonger le lecteur dans ces périodes troublées ne l’emporte pas sur un sentiment d’inachevé dont on est pas sûrs que les autres volumes parviendront à le combler. Dommage surtout quand on sait que Patrick Weber s’affirme comme un spécialiste passionné de la mythologie nordique.

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